Chapter 7 - L'Ombre d'un Allié

Le rendez-vous était fixé dans le salon privé du grand hôtel Bristol, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. L'atmosphère tamisée, ponctuée par le scintillement des lustres en cristal et le murmure discret de la haute société parisienne, tranchait radicalement avec le tumulte de la veille.
J'étais assise face à Julien Vance. Deux tasses de café fumant reposaient entre nous.
« Adrian cherche à nouer un contact avec le groupe financier Riva à Milan », m'informa Julien en faisant glisser un rapport confidentiel sur la table en acajou. « Il tente de vendre ce qu'il prétend être la seconde partie des brevets de ton père. Il réclame un acompte d'urgence de cinq millions d'euros. »
Je laissai échapper un rire bref et dédaigneux. « Il vend du vent. Mon père n'a jamais rédigé de seconde partie sur papier libre. L'intégralité du code source et des schémas de calcul est stockée sur un serveur cryopté dont je suis la seule à détenir la clé de déchiffrement à double facteur. »
« Il est aux abois, Claire », observa Julien, son regard sombre empreint d'une vigilance protectrice. « Un homme acculé est capable des pires témérités. Il sait que la justice finira par l'interpeller dès que nous aurons transmis l'audit financier final au procureur. Il cherche à réunir du cash pour quitter le continent et se réfugier dans un pays sans accord d'extradition. »
« Je ne le laisserai pas s'échapper avec le fruit du travail de mon père », dis-je fermement. « Miriam prépare la saisie conservatoire de tous ses biens résiduels, y compris sa collection de montres de luxe et sa voiture de sport. »
Julien posa doucement sa main sur la mienne. La chaleur de sa paume me surprit, déclenchant une onde étrange le long de mon bras. « Tu n'es plus seule dans ce combat, Claire. Ton père était comme un mentor pour moi lorsque j'ai démarré ma carrière à Genève. Il m'a appris qu'en affaires, la loyauté est la seule monnaie qui ne se dévalue jamais. Je veillerai à ce que personne ne touche à ton héritage. »
Pendant ce temps, dans un appartement vétuste du dix-huitième arrondissement prêté par un ancien chauffeur, Adrian écoutait frénétiquement les messages vocaux de son téléphone prépayé.
La voix de Céleste retentit sur le haut-parleur, cassante et méprisante : *« Adrian, la police judiciaire est venue perquisitionner mes bureaux ce matin. Ils cherchent les pièces comptables des Virements Caïmans. Si tu oses prononcer mon nom devant les enquêteurs, je jure que je témoignerai contre toi pour te faire condamner à la peine maximale. Oublie que je t'ai connu. »*
Adrian jeta le téléphone contre le mur, le brisant en mille morceaux. « Salope ! » hurla-t-il, les poings fermés.
Il se tourna vers un homme trapu au visage balafré, assis dans l'ombre du petit salon : Serge, un intermédiaire véreux spécialisé dans l'espionnage industriel.
« As-tu réussi à obtenir les codes d'accès du serveur Valrose ? » demanda Adrian d'une voix altérée par l'angoisse.
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Serge cracha par terre. « Tes histoires sont plus compliquées que prévu, mon vieux. Le système de sécurité de Northstar Capital est blindé par une technologie militaire. Pour pirater ce serveur, il faut un accès physique au terminal privé de ta femme ou obtenir son empreinte biométrique. »
Adrian grimaça, un sourire sinistre se dessinant sur ses lèvres décharnées. « Alors nous allons lui tendre un piège. Claire a toujours eu une faiblesse : le souvenir de son père. Nous allons organiser une vente aux enchères privée d'objets personnels de Charles Valrose. Elle viendra. Et quand elle sera sur place, tu récupéreras son téléphone et ses accès. »