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Chapter 12 - Dans la Gueule du Loup

L'intérieur de l'entrepôt abandonné était un vaste espace sombre et lugubre, éclairé uniquement par la lumière de la lune qui s'infiltrait à travers les verrières brisées du toit. Des carcasses de bateaux en cours de réparation et des piles de palettes en bois encombraient le sol. Une odeur de fioul lourd et de rouille imprégnait l'atmosphère.

J'ai fait une dizaine de pas vers le centre de la pièce, le bruit de mes talons résonnant sur le béton nu.

« Marcus ! Je suis là ! ai-je crié dans la pénombre. »

Soudain, une silhouette s'est détachée de l'ombre d'un vieux bateau à moteur. Marcus Vance est apparu. Il avait troqué son costume bleu marine déchiré contre une tenue tactique noire. Un bandage de fortune entourait sa tempe, et ses yeux brillaient d'une lueur sauvage d'animal traqué. Il tenait son pistolet automatique braqué sur ma poitrine.

« Pose la mallette au sol et recule de trois pas, a-t-il ordonné d'une voix rauque. »

« Non ! ai-je répondu en serrant la mallette contre moi. Tu vas m'écouter d'abord ! Tu m'as menti pendant six ans, Marcus ! Tu as transformé ma vie en un cauchemar absolu ! Tu me dois au moins des explications ! »

Un sourire mauvais a étiré ses lèvres.

« Tu veux des explications, Claire ? Très bien. Ton père était un idiot qui s'est pris pour un croisé de la justice. Il croyait pouvoir faire tomber des hommes qui possèdent cette ville depuis un demi-siècle. Quand Rusk m'a demandé de m'approcher de toi, je pensais que ce ne serait qu'une affaire de quelques semaines. Mais ton vieux père était d'une méfiance maladive. Il a fallu que je m'installe dans ta vie pour de bon, que je devienne le gendre idéal, pour qu'il baisse enfin sa garde. »

« Tu n'as jamais ressenti le moindre attachement pour moi ? Pas une seule fois ? »

Marcus a poussé un rire froid et méprisant.

« Tu étais une mission, Claire. Une excellente couverture. Rien de plus. Maintenant, pose cette foutue mallette par terre ! »

Il a fait deux pas vers moi, s'avançant dans la zone de tir dégagée sous la verrière principale du hangar. C'était le moment parfait.

Dans mon micro-oreille, la voix de l'agent Reeves s'est faite pressante :

« Donne le signal maintenant, Claire ! On a une ligne de tir claire ! »

J'ai ravalé ma salive, fixé les yeux froids de l'homme qui avait été mon mari, et j'ai commencé à prononcer la phrase :

« Le soleil se... »

Mais avant que j'aie pu terminer mon mot, Marcus a subitement pivoté vers le haut et levé son arme vers le toit.

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Deux détonations assourdissantes ont retenti. Un cri de douleur a écho dans le hangar, suivi du bruit d'un corps qui tombait lourdement sur la passerelle métallique au-dessus de nous. Marcus avait repéré le premier tireur d'élite du FBI dissimulé dans les charpentes.

« Tu pensais vraiment que je tomberais dans un piège aussi grossier, Claire ? a hurlé Marcus en se ruant sur moi ! »

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