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Chapter 14 - Le piège de la caution

La veille de l'ouverture du procès tant attendu, une dernière tentative de déstabilisation survint. Les avocats de la défense tentèrent de déposer une requête d'annulation de la procédure, soutenant que les preuves saisies dans la remise avaient été obtenues de manière illégale en raison de l'intrusion de Marc Morel sur la propriété.

La séance préliminaire se tint à huis clos dans le cabinet de la présidente du tribunal correctionnel, la juge Hélène Vautrin, reconnue pour son inflexibilité.

Maître Mercier, tentant son va-tout, plaida frénétiquement :

« Madame la Présidente, Marc Morel s'est introduit par effraction sur la propriété de mon client, armé d'une barre de fer, détruisant un cadenas. Toutes les constatations et photographies découlent de cet acte illégal ! La procédure est entièrement viciée ! »

Antoine Bertrand se leva sereinement, ouvrant son dossier.

« Madame la Présidente, je souhaite verser au débat le contrat de bail original de la propriété Val-Fleuri. Il apparaît clairement à l'article 12 que le bailleur — à savoir le groupe Morel représenté par mon client — conserve un droit d'accès d'urgence en cas de péril imminent menaçant l'intégrité du bien ou la sécurité des personnes. »

Il tendit également l'enregistrement téléphonique.

« De plus, l'appel au secours émis par la victime constituait une circonstance d'assistance à personne en danger absolu. L'intervention de M. Morel était non seulement légale, mais moralement et juridiquement impérative. »

La juge Vautrin examina attentivement les pièces présentées, ajustant ses lunettes.

Après quelques minutes d'un silence pesant durant lesquelles Maître Mercier suait à grosses gouttes, la juge releva la tête.

« La requête en nullité est rejetée dans son intégralité », déclara la magistrate d'une voix sans réplique. « L'intervention du sieur Morel relève de la légitime assistance à personne en danger. Les preuves recueillies sont parfaitement recevables. Le procès s'ouvrira demain matin comme prévu. »

Mercier s'effondra sur son siège, conscient que la dernière ligne de défense de Brandon venait d'être pulvérisée.

Dans la salle d'attente du tribunal, Marc attendait la sortie de son avocat. Lorsque Antoine lui confirma la décision de la juge, Marc hocha la tête avec gravité.

« Demain, la justice sera rendue », dit Marc. « Non pas pour la vengeance, mais pour la vérité. »

De retour chez lui, Marc retrouva Émilie occupée à dessiner les plans du futur centre d'accueil pour femmes. La voir ainsi, sereine et tournée vers l'avenir, lui apporta une paix intérieure qu'il n'avait pas ressentie depuis le jour du drame.

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« Demain sera un jour difficile, Émilie », lui dit-il doucement. « Tu n'es pas obligée d'assister à l'intégralité des audiences si tu ne t'en sens pas la force. »

« Non, Papa », répondit Émilie en le regardant droit dans les yeux. « Je serai là. Je veux être présente lorsqu'il sera condamné. Je veux qu'il voie que je n'ai plus peur de lui. »

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