Chapter 5 - L'arrestation sous la pluie

À huit heures précises du matin, Maître Mercier franchit les portes du commissariat central avec l'assurance d'un homme habitué à plier la loi à sa volonté. Il tenait à la main les documents pour la demande de mise en liberté provisoire de Brandon et Judith Vale.
Cependant, dans le hall d'entrée, un comité d'accueil inattendu l'attendait.
Marc Morel se tenait là, flanqué d'Antoine Bertrand et de deux huissiers de justice armés de dossiers volumineux. Dehors, plusieurs journalistes locaux, prévenus mystérieusement d'un scandale impliquant l'une des familles les plus en vue de la ville, commençaient à rassembler leurs caméras.
Maître Mercier s'arrêta, observant Marc avec dédain. « Monsieur Morel, je vous conseille de retirer votre plainte immédiatement. Une transaction financière généreuse peut être envisagée pour couvrir les frais médicaux de votre fille. Un procès ne ferait que salir le nom de votre famille. »
Marc s'avança de deux pas, fixant l'avocat sans la moindre hésitation dans le regard.
« Maître Mercier, vous feriez mieux de vérifier la solvabilité de vos clients avant de prononcer le mot "transaction". »
Avant que l'avocat ne puisse répliquer, Antoine Bertrand s'interposa et lui tendit un dossier scellé.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Mercier en fronçant les sourcils.
« C'est la notification officielle d'expulsion immédiate de la résidence Val-Fleuri pour violation grave des clauses du bail, ainsi qu'un mandat de saisie conservatoire sur l'ensemble des comptes bancaires de la société Vale Investments », déclara Antoine d'une voix claire et audible pour l'ensemble des personnes présentes dans le hall.
Mercier parcourut rapidement la première page, et son visage perdit instantanément toute couleur.
« C'est... c'est impossible. Le propriétaire du domaine est le groupe Morel & Associés... »
« Exactement », coupa Marc. « Et je suis Marc Morel, président fondateur et actionnaire unique du groupe. »
À cet instant précis, la porte des cellules s'ouvrit. Brandon et Judith furent escortés par deux policiers vers le bureau des formalités pour leur éventuelle libération. Brandon, apercevant son avocat, afficha un sourire triomphant.
« Alors, Mercier ! C'est réglé ? On sort d'ici ? Et faites embarquer ce vieux fou pour fausse accusation ! »
Maître Mercier se tourna vers Brandon, son regard rempli d'une pitié soudaine et d'une panique incontrôlable.
« Brandon... taisez-vous », murmura l'avocat.
« Quoi ? Pourquoi je me tairais ? C'est lui le coupable ! Il s'est introduit chez moi ! »
Marc fit un pas vers son gendre. La stature du vieil homme semblait soudain s'élever, imposante et écrasante.
« Tu n'as jamais eu de chez-toi, Brandon. La villa où tu vivais, la voiture de luxe que tu conduisais, les bureaux de ton entreprise... tout cela m'appartient. J'ai financé ton train de vie par amour pour ma fille, espérant que tu en serais digne. Mais tu as levé la main sur elle. Tu l'as maltraitée, tu l'as enfermée comme une esclave. »
Brandon resta pétrifié, la bouche ouverte. « Tu... tu mens. Tu n'es qu'un pauvre réparateur... »
« Un réparateur qui vient de fermer tous tes comptes bancaires », intervint Antoine. « À compter de cet instant, M. Vale, vous n'avez plus accès à la propriété. Vos effets personnels seront déposés dans des cartons devant la grille du domaine sous le contrôle d'un huissier. De plus, la demande de caution a été rejetée par le juge au vu de la gravité des faits d'agression aggravée et de séquestration. »
Judith laissa échapper un cri d'horreur et s'effondra sur un banc. Brandon tenta de s'avancer vers Marc, les poings serrés, mais les policiers le plaquèrent immédiatement contre le comptoir.
« Tu ne me feras pas ça ! » hurla Brandon, les yeux injectés de sang. « Je vais te détruire ! Je vais te faire tuer ! »
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« C'est noté pour menace de mort sur voie publique », ajouta froidement l'inspecteur Moreau en sortant de son bureau. « Remettez-le en cellule. La garde à vue est prolongée. »
Alors qu'on les entraînaient de nouveau vers les geôles, les flashs des appareils photo des journalistes commencèrent à crépiter à travers les vitres du commissariat. La chute de la famille Vale venait de démarrer de façon spectaculaire.