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Chapter 4 - L'illusion du pouvoir

Le petit matin se levait sur la ville, teintant le ciel d'un gris de plomb. Dans le hall de l'hôpital central, Marc attendait en silence, assis sur une chaise en plastique dur, les yeux fixés sur les portes du service des urgences.

Un homme s'avança à travers le couloir désert. Vêtu d'un costume trois-pièces impeccable, portant une mallette en cuir sombre, Antoine Bertrand, l'avocat historique et homme de confiance de Marc, s'arrêta devant lui.

« Comment va Émilie, Marc ? » demanda l'avocat avec une sincère inquiétude.

« Elle dort. Les médecins ont recousu la plaie à sa tête. Elle est sous sédatifs. Mais psychologiquement... elle est démolie », répondit Marc, le visage marqué par la fatigue et la douleur.

Antoine posa une main ferme sur l'épaule de son ami. « La police a placé Brandon Vale et sa mère en garde à vue. Les preuves que tu as fournies sont écrasantes. Mais la famille Vale a déjà mandaté Maître Mercier, l'un des ténors du barreau les plus corrompus de la région. Il essaie de négocier une libération sous caution dès ce matin en prétextant un vice de procédure sur l'arrestation. »

Marc se leva lentement. Son attitude soumise et fatiguée s'évapora à cet instant précis pour laisser place à la prestance redoutable du bâtisseur qu'il avait toujours été.

« Pas de caution », dit Marc d'une voix d'acier. « Je veux que cet homme reste en cellule. Et je veux que la procédure d'expulsion de la villa soit exécutée immédiatement. »

Antoine esquissa un léger sourire professionnel. « Les documents sont déjà prêts. Quand Brandon a signé le bail commercial et résidentiel de la propriété de Val-Fleuri il y a trois ans, il a souscrit à une clause très spécifique. En cas d'acte criminel commis sur les lieux ou de non-respect manifeste des conditions d'occupation, le propriétaire bailleur se réserve le droit d'annuler le bail sans préavis et d'ordonner la saisie conservatoire des biens meubles présents dans le domaine. »

« Parfait », dit Marc. « Et concernant les parts de son entreprise ? »

« C'est là que l'histoire devient fascinante », reprit Antoine en ouvrant son dossier. « Brandon croyait diriger la société Vale Investments. En réalité, 70 % des actifs de cette société sont adossés à des garanties hypothécaires détenues par la holding Morel Immobilier. Il s'est surendetté pour maintenir son train de vie somptueux. Il pensait utiliser la fortune supposée de ta fille pour renflouer ses caisses. Il ignorait que c'est toi qui détenais ses créances. »

Marc ferma les yeux un instant. Il se rappela les réunions de famille où Brandon se moquait ouvertement de son travail manuel, lui offrant condescendamment des pourboires pour avoir réparé une porte ou nettoyé une gouttière. Émilie avait toujours supplié son père de ne rien dire, voulant vivre une vie normale sans que l'argent de son père ne vienne interférer dans son mariage. Marc avait respecté le choix de sa fille, espérant que Brandon l'aimait sincèrement. Quel aveuglement.

« Il est temps de lever le voile », dit Marc. « Prépare la convocation pour la presse et l'avis d'expulsion officiel. Je veux être devant le commissariat lorsque Maître Mercier tentera de faire sortir son client. »

Pendant ce temps, dans les cellules sordides du commissariat central, Brandon arpentait la pièce étroite comme un animal en cage. Son costume sur mesure était froissé, couvert de boue séchée.

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« Vous ne pouvez pas me garder ici ! » hurlait-il régulièrement à travers les barreaux. « Mon avocat va tous vous faire renvoyer ! Vous allez payer pour cet affront ! »

En face, dans la cellule voisine, sa mère Judith pleurait en silence, sa superbe envolée, réalisant peu à peu que le monde parfait qu'elle avait construit sur les apparitions et le mensonge était en train d'éclater en morceaux.

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