Chapter 17 - La guerre des preuves

Au deuxième jour du procès, ce fut au tour des experts scientifiques et des enquêteurs de présenter leurs conclusions. Les preuves matérielles accumulées par Marc Morel et la police composaient un dossier à la charge des accusés d'une solidité redoutable.
L'inspecteur Moreau présenta les relevés téléphoniques, l'enregistrement de l'appel d'urgence, ainsi que les analyses médico-légales confirmant la présence de l'ADN de Brandon sous les ongles d'Émilie, prouvant qu'elle s'était débattue pour défendre sa vie.
De plus, les experts en criminalistique financière dévoilèrent les preuves de la tentative d'extorsion armée survenue lors de la seconde arrestation de Brandon à la résidence secondaire de Marc.
« Les enregistrements vidéo de la propriété Morel montrent clairement le prévenu pénétrer par effraction, armé d'un pistolet de calibre 9mm chargé, et menacer de mort la victime et son père », déclara l'expert audio-vidéo.
Dans le box, Brandon tenta une dernière fois de prendre la parole pour se défendre.
« C'est un complot ! » hurla-t-il en se levant brusquement. « M. Morel a tout organisé pour me piéger ! C'est lui qui a fait en sorte que je perde mon entreprise ! C'est un tyran financier qui voulait contrôler ma vie ! »
La juge Vautrin le rappela à l'ordre d'un coup de marteau sonore.
« Accusé Vale, modérez votre langage ! Les preuves apportées aux débats montrent que vous avez agi de votre propre initiative, mû par la cupidité et une violence inacceptable. Rasseyez-vous ! »
Maître Mercier tenta de plaider l'altération du discernement due au stress financier, mais les psychiatres experts commis par le tribunal balayèrent cette thèse :
« Le prévenu ne souffre d'aucune pathologie mentale réduisant sa responsabilité », conclut le rapport psychiatrique. « Il présente une personnalité narcissique marquée, une absence totale d'empathie et une tendance avérée à la manipulation et à la violence en situation de frustration. »
Chaque déposition, chaque document versé au dossier scellait un peu plus le destin judiciaire de Brandon et de sa mère.
Dans les couloirs du palais de justice durant la pause d'audience, les journalistes s'agglutinaient autour d'Antoine Bertrand.
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« Maître Bertrand, quelles sont vos attentes concernant le verdict ? »
« Nous attendons une peine exemplaire », répondit l'avocat avec sévérité. « Ce procès doit envoyer un signal fort : ni l'argent, ni la prétendue position sociale ne protègent les auteurs de violences conjugales et d'extorsion de la rigueur de la loi. »