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Chapter 14 - L'attente insoutenable

Les délibérations du jury durèrent deux jours entiers. Quarante-huit heures suspendues au-dessus du vide, où chaque minute semblait durer un siècle.

Pendant tout ce temps, Camille et moi sommes restées cloîtrées dans le bureau réservé aux victimes, au troisième étage du palais de justice. Frances Lambert et l'inspecteur Miller nous apportaient régulièrement des tasses de café tiède et des sandwichs auxquels nous touchions à peine.

— Pourquoi c'est si long, Frances ? Demandai-je le deuxième après-midi, arpentant la pièce avec une agitation nerveuse. S'il y a un seul juré qui doute, tout le procès pourrait être annulé !

— Ne t'inquiète pas, Elena, tenta de me rassurer Frances. C'est un procès complexe avec plus de cinquante pièces à conviction et quatre chefs d'accusation distincts. Les jurés doivent passer en revue chaque document, chaque enregistrement pour s'assurer que le verdict sera inattaquable en appel. C'est bon signe : cela prouve qu'ils prennent leur rôle au sérieux.

Soudain, vers seize heures, le carillon métallique du tribunal retentit trois fois dans les couloirs. C'était le signal.

Le jury avait rendu son verdict.

Nous sommes redescendues dans la salle d'audience principale. La pièce était bondée à craquer. La tension était tellement dense qu'elle semblait presque palpable.

Julian fut introduit dans le box des accusés. Ses traits étaient tirés, des cernes sombres creusaient son visage. Il ne portait plus son air suffisant. Pour la première fois, la certitude de la condamnation semblait avoir pénétré son esprit.

Le juge Thomas prit place sur son siège et se tourna vers le chef du jury, un homme d'âge mûr portant des lunettes de lecture.

— Monsieur le chef du jury, les membres du jury sont-ils parvenus à un verdict unanime sur tous les chefs d'accusation ?

— Oui, Monsieur le Juge, répondit l'homme d'une voix ferme.

— Veuillez lire le verdict.

Le chef du jury déplia la feuille officielle et commença sa lecture dans un silence où l'on aurait entendu une aiguille tomber sur le sol.

— Concernant le premier chef d'accusation : tentative d'assassinat avec préméditation sur la personne d'Elena Delaney... Nous déclarons l'accusé, Julian Delaney, GUILTY (COUPABLE).

Un grand souffle de soulagement s'échappa de la poitrine des proches de Clara Vance assis au premier rang.

— Concernant le deuxième chef d'accusation : meurtre au premier degré sur la personne de Clara Vance Delaney... Nous déclarons l'accusé GUILTY (COUPABLE).

Des sanglots de joie étouffés éclatèrent dans la salle. Evelyn Vance ferma les yeux, les larmes coulant librement sur son visage, murmurant le prénom de sa sœur disparue.

— Concernant le troisième chef d'accusation : escroquerie financière aggravée et blanchiment de capitaux... GUILTY (COUPABLE).

— Concernant le quatrième chef d'accusation : tentative de subornation de témoin et menaces sous condition... GUILTY (COUPABLE).

Quatre fois le mot « coupable » résonna dans l'enceinte du tribunal. Quatre coups de bélier venant terrasser définitivement le monstre qui avait empoisonné nos existences.

Julian s'effondra sur son siège, la tête entre les mains. Maître Vance baissa les yeux vers son dossier, vaincu.

Le juge Thomas frappa de son marteau pour ramener le calme, puis fixa Julian avec une sévérité absolue.

— Julian Delaney, vous avez été reconnu coupable par un jury de vos pairs de crimes abominables, guidés par une cupidité sans bornes et une absence totale d'empathie humaine. Pour le meurtre de Clara Vance et la tentative d'assassinat d'Elena Delaney, je vous condamne à deux peines consécutives de réclusion criminelle à perpétuité, assorties d'une peine incompressible de quarante ans pour les délits financiers. Vous ferez votre peine au centre pénitencier de haute sécurité de Red Onion.

Le juge marqua une pause, puis ajouta ces derniers mots :

— Vous ne marcherez plus jamais libre parmi les hommes. La séance est levée.

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Les menottes furent passées aux poignets de Julian par quatre gardes armés. Alors qu'on l'emmenait vers la porte de sortie des détenus, il se retourna une dernière fois vers nous. Mais Camille ne baissa pas les yeux. Elle le fixa droit dans le regard, sans crainte, sans haine, avec seulement la force tranquille de la justice rendue.

Je serrai ma fille contre mon cœur, nos larmes de soulagement se mélangeant enfin dans un embrassement réparateur. Le cauchemar était terminé.

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