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Chapter 19 - Les liens sacrés de la vérité

Deux ans s'étaient écoulés depuis le jour où j'avais déplié ce bout de papier dans la cuisine de Charlotte.

Camille fêtait ses dix-sept ans. Pour son anniversaire, nous avions organisé une petite fête intime dans notre appartement, réunissant les rares personnes qui avaient été les piliers de notre renaissance : Frances Lambert, l'inspecteur Miller et sa femme, ainsi qu'Evelyn Vance, la sœur de la pauvre Clara.

Evelyn était devenue une amie très chère. Sa présence parmi nous était comme une manière de rendre hommage à la mémoire de Clara, en lui montrant que son sacrifice n'avait pas été vain et que justice avait été rendue sur cette terre.

Après que Camille eut soufflé ses dix-sept bougies sous les applaudissements joyeux de nos invités, Evelyn s'approcha de moi, tenant à la main une petite boîte enveloppée dans du papier de soie.

— Elena, dit-elle à voix basse pour que nous soyons les seules à entendre. Je voudrais te donner quelque chose qui appartenait à Clara. Je pense qu'elle aurait voulu que ce soit entre tes mains.

J'ouvris délicatement l'emballage. À l'intérieur se trouvait un petit pendentif en argent en forme de colibri, incrusté d'une petite pierre d'émeraude.

— Clara le portait toujours quand elle se sentait heureuse, expliqua Evelyn avec un sourire ému. Elle croyait que le colibri était le symbole de la joie retrouvée après la tempête. Je veux que tu le gardes, ou que tu le donnes à Camille quand elle partira pour l'université.

Je passai la chaîne autour de mon cou, touchée au plus profond de mon âme par ce geste d'une générosité absolue.

— Merci, Evelyn, chuchotai-je en la serrant dans mes bras. Clara fait partie de notre famille désormais.

Tard dans la soirée, une fois les invités partis, Camille et moi sommes restées seules sur le balcon, observant les étoiles qui scintillaient au-dessus de la ville paisible.

— Maman ? Dit doucement Camille en s'appuyant contre la balustrade.

— Oui, ma chérie ?

— Tu repenses encore parfois à Julian ?

Je réfléchis une seconde avant de répondre. Pendant longtemps, la simple évocation de son nom me donnait des nausées. Mais ce temps-là était définitivement révolu.

— Non, Camille, répondis-je avec une sincérité totale. Je ne repense plus à lui comme à un homme ou à un mari. Il n'est plus qu'un fantôme impuissant. Ce à quoi je repense, c'est à nous. À la manière dont nous avons tenu bon ensemble.

Camille se tourna vers moi et me montra son poignet. Elle s'était fait faire la semaine précédente un tout petit tatouage très discret : une série de cinq petits points alignés le long de sa veine.

— Tu sais ce que ça veut dire ? Demanda-t-elle avec un sourire mystérieux.

— Les cinq mots du papier ?

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— Oui, dit-elle en posant sa main sur la mienne. Pour ne jamais oublier que la peur ne doit plus jamais nous empêcher de dire la vérité.

Nous sommes restées là, côte à côte, bercées par la brise nocturne. Nous avions tout perdu en un matin, mais nous avions gagné quelque chose d'infinitement plus précieux : une liberté absolue, bâtie sur la confiance indestructible qui lie une mère à sa fille.

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