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Chapter 17 - Le retour aux sources

Libérées du poids de l'insécurité financière et de la menace permanente de Julian, Camille et moi avons décidé de nous offrir notre premier vrai voyage depuis la fin de ce cauchemar.

Nous avons pris l'avion pour la France.

J'avais toujours rêvé de faire découvrir à ma fille le village natal de ma grand-mère maternelle, un petit bourg perché au cœur des collines de la Provence, où les oliviers centenaires bordaient les routes en pierre et où le parfum de la lavande embaumait l'air d'été.

Pendant trois semaines, nous avons arpenté les ruelles pavées de Saint-Rémy-de-Provence, flâné sur les marchés colorés gorgés d'épices, de fromages frais et de fruits gorgés de soleil. Pour la première fois depuis des années, je voyais Camille vivre comme une adolescente de son âge : rire sans retenue, prendre des photos de chaque chat croisé au détour d'un ruelle, manger des glaces à l'ombre des platanes.

Un soir, alors que nous dînions à la terrasse d'un petit restaurant familial surplombant la vallée, le propriétaire de l'établissement, un homme chaleureux aux cheveux blancs nommé Henri, vint s'asseoir un instant à notre table pour nous offrir deux verres de liqueur de verveine.

— Vous avez l'air si paisibles toutes les deux, remarqua-t-il avec cette gentillesse naturelle propre aux gens du Midi. On sent une belle complicité entre une mère et sa fille.

— Nous avons traversé une grande tempête, Monsieur Henri, répondis-je avec un sourire serein. Mais la mer est redevenue calme.

— Les plus beaux arbres sont ceux qui ont résisté au mistral le plus violent, dit le vieil homme en levant son verre. Ils ont des racines que rien ne peut plus arracher.

Ses mots résonnèrent profondément en moi. C'était exactement ce que nous étions devenues : deux êtres ancrés dans la terre ferme de la vérité, que plus aucune tempête ne pourrait ébranler.

Pendant ce séjour en France, Camille commença à se passionner pour la photographie d'art. Munie d'un petit appareil numérique que nous lui avions acheté pour son quinzième anniversaire, elle capturait la lumière particulière du Sud, les visages des artisans locaux, les reflets de l'eau dans les fontaines anciennes. Elle avait ce même don d'observation aiguisé qui nous avait sauvé la vie, mais elle l'utilisait désormais pour créer de la beauté au lieu d'y traquer le danger.

Un après-midi, alors que nous étions assises au sommet des ruines du château des Baux-de-Provence, le vent balayant nos cheveux, Camille me montra une série de clichés qu'elle venait de prendre.

L'une des photos représentait une petite pousse d'encre verte ayant réussi à percer à travers une crevasse dans le roc sec et aride de la falaise.

— Comment tu vas appeler cette photo ? Lui demandai-je en admirant le cadrage parfait.

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— Je vais l'appeler : *La Vie Trouver un Chemin*, répondit-elle en me regardant avec tendresse. Parce que c'est ce que nous avons fait, Maman. Nous avons percé le rocher.

Je la serrai contre moi. Sur ce sommet battu par les vents de Provence, je sus que la guérison n'était plus un simple projet : elle était devenue notre réalité.

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