Chapter 16 - L'infiltration de minuit

À minuit précis, une ombre furtive se glissa le long de la façade en pierre sculptée de la banque Sterling & Co. Vêtue d'une combinaison d'infiltration noire en fibre de carbone, équipée d'outils de piratage électronique de dernière génération, je me tenais sur le toit de l'édifice zurichois. Dans mon oreillette, la voix de mon expert en cybersécurité, un ancien membre des services secrets britanniques nommé Liam, résonnait doucement.
« Nora, je viens de neutraliser la boucle de surveillance du troisième étage pendant exactement dix minutes », m'informa Liam depuis le camion de commandement stationné à deux rues de là. « Tu as un accès direct par la verrière de la bibliothèque privée. »
« Bien reçu, Liam », chuchotai-je. « Julian est en position ? »
« Julian couvre les sorties de secours au rez-de-chaussée. Attention, le système d'alarme thermique est toujours actif au niveau des coffres privés. Ne touche à rien sans mes instructions. »
Je découpai silencieusement un cercle parfait dans le verre renforcé de la verrière à l'aide d'un diamant industriel, puis me laissai glisser le long d'un fil de kevlar ultra-résistant pour atterrir sans le moindre bruit sur le tapis persan de la bibliothèque de Gabriel Sterling.
L'obscurité était presque totale, seulement brisée par la lumière blafarde des réverbères de la rue traversant les hautes fenêtres. Guidée par les indications de Liam transmises sur mon écran de visée nocturne, je m'avançai vers le bureau en bois massif de Sterling.
« Le coffre mural est dissimulé derrière le tableau représentant la Bataille de Marignan », m'indiqua Liam.
Je me déplaçai vers le tableau, fis pivoter le cadre avec précaution, révélant un pavé numérique de sécurité de pointe doté d'un scanner biométrique.
« Je colle le duplicateur de signal », murmurai-je en appliquant un petit boîtier électronique sur le panneau.
« Analyse de la fréquence en cours... », dit Liam. « Trois... deux... un... Code déverrouillé. »
Un déclic métallique discret retentit. La porte en acier blindé du coffre s'entrouvrit.
Mon cœur battait la chamade. À l'intérieur du coffre se trouvaient plusieurs lingots d'or, des liasses de devises étrangères, et tout au fond, un carnet à la couverture de cuir noir usée par le temps, entouré d'un ruban de soie fané.
Je m'en saisis immédiatement, ouvrant la première page. L'écriture fine et élégante de mon père biologique, Julien Mercier, m'apparut clairement :
Si quelqu'un lit ces pages après ma mort, sachez que mon associé Arthur Hale et son complice Victor Vance ont orchestré ma perte...
Les larmes me montèrent aux yeux, mais je n'avais pas le temps pour l'émotion. Je refermai le journal et l'insérai dans ma veste étanche.
Soudain, la lumière principale de la pièce s'alluma brutalement, m'éblouissant un instant.
« Charmante visite nocturne, Mlle Mercier », déclara la voix froide de Gabriel Sterling.
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Il se tenait sur le seuil de la porte, un pistolet équipé d'un silencieux à la main, entouré de trois gardes du corps armés.
« Vous croyiez vraiment que la banque Sterling était si facile à pénétrer ? » railla-t-il avec un sourire cruel. « Ce journal était le piège parfait. Et maintenant que vous l'avez entre les mains, vous allez signer l'acte de transfert de vos sociétés... ou vous ne quitterez jamais cette pièce vivante. »