Chapter 18 - La confession du journal

Le retour à Paris à bord du jet privé se déroula dans un climat de victoire absolue. Gabriel Sterling et ses complices étaient sous les verrous en Suisse, inculpés de blanchiment d'argent international, de tentative d'homicide et d'extorsion. Les ramifications occultes du réseau de Victor Vance avaient été définitivement neutralisées par les autorités judiciaires européennes.
Installée confortablement dans mon fauteuil en cuir, la lumière douce de la cabine éclairant les pages jaunies, j'ouvris enfin le journal intime de Julien Mercier. Julian Vance s'assit silencieusement à côté de moi, me laissant ce moment de recueillement si attendu.
Au fil des pages, la vérité écrite par la main de mon véritable père se révélait, poignante et dévastatrice. Julien Mercier y décrivait avec une précision méticuleuse comment Arthur Hale, rongé par la jalousie et l'ambition, avait orchestré la ruine de leur société commune en détournant les fonds d'investissement. Mais ce que le journal révélait de plus troublant dépassait la simple escroquerie financière.
14 novembre 1994, lisais-je à voix haute, la voix légèrement altérée par l'émotion. Arthur sait qu'Hélène attend un enfant de moi. Il m'a menacé de détruire la vie d'Hélène et de priver le bébé de tout avenir si je ne lui cédais pas l'intégralité de mes brevets d'invention. Je ne peux pas laisser cet homme détruire la femme que j'aime et mon enfant à naître. Si je dois m'effacer pour qu'ils survivent, je le ferai. Mais je laisse ce journal et les clés du coffre 731 pour que ma fille, si elle est un jour assez forte, puisse réclamer justice.
De chaudes larmes coulèrent sur mes joues. Mon père ne s'était pas suicidé par faiblesse ou par lâcheté comme Arthur l'avait toujours prétendu pour me salir. Il s'était sacrifié pour me protéger et protéger ma mère contre la folie destructrice d'Arthur Hale.
« Nora... », murmura Julian en me posant doucement une main réconfortante sur l'épaule. « Ton père était un homme d'un courage exceptionnel. »
« Il a été détruit par un monstre », répondis-je en essuyant mes larmes, le regard habité d'une détermination nouvelle. « Mais son sacrifice ne sera pas vain. Le coffre 731 de la Banque Centrale de Genève contient les brevets originaux qu'Arthur a volés pour fonder Hale Development. Je vais utiliser ces brevets pour restituer à la société de mon père toute la grandeur qu'elle méritait. »
« Et concernant Arthur ? » demanda Julian. « Il est actuellement très faible à la maison de retraite. Les médecins disent qu'il n'a plus que quelques mois à vivre. »
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Je refermai le journal de cuir noir avec précaution.
« Je vais aller lui rendre une dernière visite. Il est temps que le bourreau écoute la vérité de la bouche de sa victime. »