Chapter 20 - Les révélations d'Elise

Trois semaines après ma dernière visite à Arthur, je me rendis dans une petite ville de province où ma demi-sœur Elise s'était installée. Elle travaillait désormais dans une boutique de vêtements de seconde main, loin du luxe et des faux-semblants de la capitale.
J'entrai dans le magasin désert. Elise était occupée à ranger des cintres au fond de l'allée. Lorsqu'elle me vit, elle se figea, lâchant le vêtement qu'elle tenait entre ses mains.
« Nora... », balbutia-t-elle, rouge de honte. « Tu... tu viens m'humilier ici aussi ? »
Je m'avançai vers elle, vêtue simplement d'un ensemble beige élégant, sans ostentation.
« Je ne suis pas venue pour t'humilier, Elise. Je suis venue te parler. »
Elise baissa les yeux, essuyant nerveusement ses mains sur son tablier de travail. « Parler de quoi ? De la façon dont vous nous avez tous détruits ? Marcus est condamné à dix ans de prison, Grant à quatre ans, Papa est mourant et moi... regarde-moi ! Je gagne le SMIC en pliant des fringues d'occasion ! »
« Vous vous êtes détruits vous-mêmes par votre cupidité et votre méchanceté », répondis-je calmement. « Mais je sais que parmi vous tous, tu étais la seule qui agissait uniquement par peur de décevoir Arthur. »
Elise laissa échapper un rire amer, des larmes perlant au coin de ses yeux. « Tu as raison... Papa ne nous aimait pas. Il nous utilisait comme des pions. Si nous ne réussissions pas, nous n'étions rien à ses yeux. J'ai passé ma vie à faire semblant d'être cruelle pour obtenir une miette de son attention. Et au final, la seule personne qui avait de la vraie valeur dans cette famille, c'était toi. »
Je posai sur le comptoir une enveloppe en papier recyclé.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Elise en regardant l'enveloppe avec méfiance.
« C'est un contrat de formation et une bourse d'études pour reprendre des cours de design textile à l'école des Beaux-Arts de Lyon », expliquai-je. « C'est ce que tu as toujours voulu faire avant qu'Arthur ne te force à faire du droit des affaires. »
Elise ouvrit l'enveloppe, abasourdie, relisant les documents plusieurs fois.
« Pourquoi fais-tu cela pour moi ? » chuchota-t-elle, la voix nouée par la stupeur. « Après tout ce que je t'ai fait subir ? »
« Parce que je refuse d'être le monstre que vous avez cru que j'étais », répondis-je avec douceur. « Je te donne une chance de reconstruire ta vie sur des bases saines. Si tu travailles dur et que tu fais preuve de véritable humilité, la Fondation Mercier financera ton diplôme. »
Elise fondit en larmes, s'effondrant presque sur le comptoir, écrasée par la générosité inattendue de celle qu'elle avait si longtemps persécutée.
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« Merci, Nora... Merci... Pardon pour tout... », sanglota-t-elle.
« Travaille dur, Elise. C'est le seul merci que je demande », dis-je avant de me retourner et de quitter la boutique, le cœur un peu plus léger.