Chapter 11 - Le Visage de l'Ennemi

À trois heures du matin, le silence du Ritz fut soudainement brisé par le fracas de lourdes bottes dans les couloirs du cinquième étage. Une équipe de la BRI (Brigade de Recherche et d'Intervention), armes au poing, encercla la porte de la suite 504.
« Police ! Ouvrez ! » hurla le commandant du groupe d'intervention.
À l'intérieur, Richard Cole, ivre de terreur et de désespoir, saisit son arme à feu. Il savait que si la porte s'ouvrait, c'était la prison à perpétuité qui l'attendait pour le meurtre d'Henri Mercier et les multiples fraudes financières.
« Je ne irai pas en prison ! » cria Richard à travers la porte, la voix hystérique. « Éloignez-vous ou je tire ! »
Dans la rue en contrebas, au milieu des gyrophares bleus qui balayaient la place Vendôme, je me tenais debout aux côtés du commissaire principal chargé de l'affaire. Marc et la comtesse de Valois étaient près de moi.
Le commissaire se tourna vers moi, inquiet.
« Monsieur Mercier, il est armé et instable. Nous allons devoir donner l'assaut. »
« Laissez-moi lui parler d'abord », demandai-je d'un ton résolu. « Donnez-moi un mégaphone. »
Le commissaire hésita un instant, puis me tendit le haut-parleur. Je portai l'appareil à mes lèvres, ma voix résonnant sur la place déserte et s'infiltrant par les fenêtres de la suite.
« Richard ! C'est Daniel. »
À l'intérieur de la chambre, Richard tressaillit en entendant ma voix. Il s'approcha de la fenêtre, écartant légèrement le rideau pour regarder en bas.
« Richard », poursuivis-je d'une voix calme mais implacable. « Tu es encerclé. Il n'y a pas d'échappatoire. Pas d'avion privé, pas de compte en Suisse, pas d'amis pour te sauver. Tout est fini. »
« Tu as tout détruit, Daniel ! » hurla Richard depuis la fenêtre, sa voix résonnant dans la nuit. « Tu as ruine ma fille, tu as envoyé mon fils en prison ! Tu es un monstre ! »
« Le seul monstre ici, c'est l'homme qui a coupé les freins de la voiture de mon père pour cacher ses petites magouilles ! » répliquai-je avec une fureur contenue. « Tu as tué un homme honnête ! Tu as condamné ma mère à marcher avec une canne pendant dix ans ! Et ensuite, tu as eu l'audace de faire sourire ta fille pendant qu'elle la poussait au sol ! »
Un murmure de choc parcourut les policiers et les curieux rassemblés derrière les cordons de sécurité.
« Tu ne prouveras jamais rien ! » cria Richard, mais sa voix tremblait de peur.
« Le mécanicien a tout avoué, Richard. Les pièces à conviction sont sur le bureau du juge. Si tu te tires une balle ou si tu te bats, tu mourras comme un lâche. Si tu sors les mains sur la tête, tu passeras le reste de tes jours dans une cellule à penser à ce que tu as fait. Choisis. »
Pendant de longues secondes qui semblèrent durer une éternité, un silence de mort régna sur la place Vendôme. Seul le bruit du vent dans les arbres brisait la lourdeur du moment.
Puis, au cinquième étage, le rideau retomba. Un bruit de métal tombant sur le parquet retentit.
Quelques instants plus tard, la porte de la suite s'ouvrit. Les hommes de la BRI s'engouffrèrent dans la pièce et plaquèrent Richard Cole au sol sans tirer un seul coup de feu.
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Lorsque les policiers le firent sortir du hall du Ritz, les mains menottées dans le dos, le visage ravagé par la honte et la défaite, nos regards se croisèrent.
Richard Cole baissa les yeux, incapable de soutenir la froideur de mon regard. L'homme qui se croyait intouchable n'était plus qu'un vieillard déchu, prêt à payer pour ses crimes.