Chapter 9 - La Panique des Héritiers

En cellule de garde à vue au commissariat central du 8ème arrondissement de Paris, la réalité s'était imposée à Vanessa avec une violence inouïe. Éloignée de son maquillage, de ses vêtements de créateur et de ses serviteurs, la jeune femme d'ordinaire si arrogante semblait totalement brisée.
Assise sur un banc en bois froid, elle entendait les cris de son frère Mason dans la cellule voisine. Mason hurlait sur les policiers, exigeant de voir son avocat, menaçant tout le monde de procès imaginaires. Mais personne ne lui prêtait attention.
« Taisez-vous, Cole ! » lança finalement un garde en passant devant la grille. « Votre père est en fuite et vos avocats ont tous démissionné parce que vos comptes sont gelés. Vous feriez mieux de garder vos forces pour votre comparution devant le juge demain matin. »
Vanessa fondit en larmes, se cachant le visage dans ses mains gercées.
« Comment en sommes-nous arrivés là ? » murmura-t-elle pour elle-même. « Tout allait bien... J'allais l'épouser, prendre le contrôle de sa boîte, continuer à vivre comme une reine... Pourquoi a-t-il fallu que cette vieille canne glisse ? »
Elle ne regrettait pas d'avoir blessé Éléonore. Elle regrettait seulement de s'être fait prendre. C'était la marque de fabrique des Cole : l'absence totale de conscience morale.
Pendant ce temps, à l'hôtel Ritz où il s'était réfugié sous une fausse identité en attendant un vol privé pour la Suisse, Richard Cole tentait désespérément de contacter ses anciens alliés politiques et financiers. Mais le téléphone sonnait dans le vide. À chaque appel, il tombait sur des messageries vocales ou des refus polis mais fermes.
« Monsieur Cole », lui dit un ancien ministre qu'il avait pourtant arrosé de pots-de-vin pendant des années. « La vidéo de votre fille est dégoûtante. Le dossier d'Aegis est imparable. Vous êtes toxique. Ne me rappelez plus jamais. »
Richard jeta son téléphone contre le mur de la chambre. La solitude de la déchéance était totale.
C'est alors qu'on frappa doucement à la porte de sa suite.
Richard sursauta, attrapant immédiatement un revolver qu'il avait sorti de son sac de voyage.
« Qui est-ce ? » demanda-t-il, la voix tremblante.
« Service d'étage, Monsieur. Une lettre urgente déposée à la réception pour vous. »
Richard s'approcha prudemment, ouvrit la porte d'un centimètre et arracha l'enveloppe des mains du groom avant de refermer aussitôt à clef.
L'enveloppe était en papier vélin de haute qualité, scellée avec de la cire noire. Sur le devant, une écriture élégante et manuscrite portait son nom.
Il déchira l'enveloppe. À l'intérieur se trouvait un simple mot accompagné d'une clé USB.
« Richard,
Tu as cru pouvoir fuir tes responsabilités comme tu l'as fait toute ta vie. Mais la fuite n'est pas une option. Regarde le contenu de cette clé. Tu y trouveras le bilan exact de ce que tu dois à la société. Tu as vingt-quatre heures pour te rendre à la justice, ou je rends publiques les preuves concernant la mort du père de Daniel il y a dix ans.
— Hélène de Valois »
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Richard devint livide. Ses mains se mirent à trembler de manière incontrôlable.
La mort du père de Daniel... L'accident de voiture tenu pour responsable dix ans plus tôt... Le secret le plus sombre et le plus profondément enfoui de la famille Cole venait de faire surface. Et Daniel le savait.