Chapter 23 - La Descente aux Enfers de Vanessa

Pendant que notre famille retrouvait la paix et la sérénité, la vie de Vanessa Cole au centre pénitentiaire de Versailles s'enfonçait un peu plus chaque jour dans la monotonie et le désespoir.
Privée de son cercle social, abandonnée par tous ses anciens amis qui refusaient désormais de répondre à ses lettres, Vanessa avait été affectée aux travaux de la lingerie de la prison. Elle passait huit heures par jour à plier des draps et à repasser des uniformes sous la surveillance de gardiennes inflexibles.
Un matin, alors qu'elle nettoyait les tables de la cantine, deux garde-chiourmes s'approchèrent d'elle.
« Cole ! Tu as un parloir », annonça l'une d'elles d'un ton neutre.
Un choc d'espoir traversa le cœur de Vanessa. Se pouvait-il que Daniel ait changé d'avis ? Qu'un avocat ait trouvé une faille dans la procédure pour la faire sortir ?
Elle se précipita au parloir, rajustant anxieusement ses cheveux coupés court.
Mais lorsqu'elle franchit la porte, ce ne fut ni Daniel ni un avocat qu'elle vit. Assis de l'autre côté de la vitre se tenait un homme d'une cinquantaine d'années, vêtu d'un costume sombre mais défraîchi. C'était Maître Lebrun, le liquidateur judiciaire chargé de la faillite de sa famille.
« Bonjour, Mademoiselle Cole », dit le liquidateur sans préambule.
« Pourquoi êtes-vous là ? » demanda Vanessa, la voix déçue et agressive. « Vous venez pour me dire que ma demande de remise de peine a été acceptée ? »
Le liquidateur secoua la tête d'un air navré.
« Non. Je suis venu vous signifier la clôture définitive des opérations de liquidation de la succession Cole. Tous les biens immobiliers, les avoirs bancaires et les bijoux de votre famille ont été adjugés pour payer les dettes et les réparations aux victimes. »
Il lui tendit un document officiel à travers le guichet.
« À votre sortie de prison dans quatre ans, vous serez officiellement interdite de gestion de toute société commerciale pendant une durée de vingt ans. Vous serez également fichée à la Banque de France. Vous ne possédez plus aucun bien, aucun capital et aucun droit d'héritage. »
Vanessa relut le document avec des yeux écarquillés par l'horreur.
« Mais... de quoi vais-je vivre quand je sortirai d'ici ? » chuchota-t-elle, la voix brisée. « Je n'ai jamais travaillé de ma vie ! Je ne sais rien faire d'autre que vivre dans le luxe ! »
Le liquidateur se leva, remettant son dossier dans sa serviette en cuir.
« Vous apprendrez, Mademoiselle Cole. Comme le font tous les citoyens ordinaires. Vous pourrez demander les aides sociales de base à votre sortie. Bon courage. »
Il s'éloigna sans se retourner.
Vanessa resta seule dans la pièce froide, le document officiel froissé entre ses mains tremblantes. La réalité de sa déchéance ultime venait de lui être assénée sans ménagement.
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Elle se rappela alors, avec une douleur cuisante, le jour de son mariage annulé. Elle se rappela le son de la canne d'Éléonore glissant sur le marbre, et le regard glacé de Daniel lorsqu'il lui avait dit : 'Tu n'as absolument aucune idée de ce que tu viens de perdre.'
Aujourd'hui, elle le savait. Elle avait tout perdu. Et le vide de son existence allait la hanter pour le reste de sa vie.