Chapter 2 - L'Empire Invisible

Un silence de mort s'abattit sur la salle de réception. Daniel se leva calmement. Sa taille imposante et son allure élégante imposaient le respect, mais les invités ne voyaient encore en lui qu'un simple petit employé. Il approcha le microphone de ses lèvres. Son ton était d'un calme absolu, d'une froideur glaciale qui fit taire jusqu'au moindre murmure.
« Je vous entends rire depuis que ma femme a posé le pied dans cette pièce », commença Daniel, sa voix résonnant clairement dans les haut-parleurs. « Vous parlez de sa laideur, de ses cicatrices, de mon soi-disant aveuglement. Vous pensez que je suis un idiot ou un désespéré. »
Vivian croisa les bras, un sourire hautain vissé sur le visage.
« Voyons, Daniel, ne fais pas une scène. Nous disons simplement la vérité. Il faut du courage pour regarder un tel visage tous les matins. »
Daniel retira lentement ses lunettes sombres et fixa Vivian.
« Je ne suis pas aveugle, madame. Et ces cicatrices que vous pointez du doigt avec tant de mépris... sont les marques du feu dans lequel Elena s'est précipitée il y a trois ans pour me sortir des flammes. Si je suis debout devant vous ce soir, c'est parce qu'elle a sacrifié sa propre chair et sa beauté pour me sauver la vie. »
Un murmure de surprise parcourut les tables. Clara leva les yeux au ciel, agacée.
« Quelle histoire romantique ! Mais cela ne change rien au fait que vous n'avez pas un centime et que vous vivez dans son ombre. »
Daniel sourit. C'était un sourire sombre, chargé d'une autorité redoutable.
« Vous pensez vraiment cela, Clara ? Vous pensez que je suis un simple consultant ? »
Il sortit de sa veste un stylo Montblanc et un carnet en cuir noir.
« La société Apex Holdings... cela vous dit quelque chose, tante Vivian ? »
Le visage de Vivian se décomposa en une fraction de seconde. Apex Holdings était le conglomérat financier majeur de la région, le géant qui possédait non seulement l'agence d'événementiel de Vivian, mais aussi le cabinet d'architecture où travaillait le mari de Clara et la banque qui accordait leurs crédits.
« Apex Holdings est la maison mère de vos entreprises », continua Daniel d'une voix neutre. « Et j'en suis le PDG et l'actionnaire ultra-majoritaire à quatre-vingt-dix pour cent. »
La salle retint son souffle. Un verre de cristal glissa des mains d'un invité et s'écrasa sur le marbre dans un fracas assourdissant.
« C'est... c'est impossible ! » bégaya Vivian, devenant verdâtre. « Tu... tu es un pauvre orphelin ! »
« Je suis l'homme qui paie vos factures depuis cinq ans », répliqua Daniel. « Et puisque vous avez jugé bon d'insulter ma femme le jour de notre mariage, voici mes cadeaux de noces pour votre famille. »
Il se tourna vers son assistant, installé discrètement à la table du fond, qui lui tendit un dossier rigide.
« Monsieur Marc Lebrun, mari de Clara : vous êtes licencié d'Apex Architecture avec effet immédiat pour faute lourde et détournement de fournitures. Clara : la subvention pour votre boutique de mode est annulée à compter de cette minute. Et vous, Vivian... »
Daniel fixa la femme qui m'avait martyrisée pendant des années.
« Apex Holdings retire son soutien financier à votre agence d'événementiel. De plus, la banque exigera le remboursement intégral des créances sous quarante-huit heures. Et nous déposons plainte ce soir même pour les prêts souscrits au nom d'Elena sous de fausses signatures. »
« Non ! Tu n'as pas le droit ! » hurla Clara en se levant, hors d'elle. « Elena, dis-lui quelque chose ! C'est ta famille ! »
Je me levai à mon tour, rectifiant la traîne de ma robe blanche. Je fis trois pas vers Clara et la fixai sans cilier.
« La famille ne vole pas les orphelines. La famille ne rit pas des brûlures d'une victime. Ce soir, Clara, tu récoltes exactement ce que vous avez semé pendant des années. »
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Vivian s'effondra sur sa chaise, le visage décomposé par la terreur. Autour d'elle, les invités qui ricanaient quelques minutes plus tôt baissaient la tête, terrifiés à l'idée d'être identifiés par le véritable maître des lieux.
« La fête est terminée pour vous », conclut Daniel en posant le micro. « La sécurité va vous accompagner vers la sortie. »