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Chapter 20 - L'Enlèvement

Lorsque je rouvris péniblement les yeux, une douleur aiguë me balayait le crâne. Mes poings et mes chevilles étaient solidement attachés par des liens en plastique serrés à une chaise en fer.

L'endroit était sombre, froid et puait le fioul lourd et le béton humide. C'était un entrepôt désaffecté, éclairé seulement par un projecteur suspendu au plafond.

En face de moi, assis sur une caisse en bois, un homme fumait une cigarette. Lorsque la lumière du projecteur éclaira son visage, je retins un cri de surprise.

Ce n'était pas un inconnu. C'était le propre frère d'Henri de Saint-Germain, le baron Charles de Saint-Germain, un homme réputé sans foi ni loi qui gérait les affaires obscures du clan familial à l'étranger.

« Ah... La belle héroïne est réveillée », dit Charles d'une voix rauque en jetant son mégot au sol.

« Où suis-je ? » demandai-je en essayant de garder un ton ferme malgré la terreur qui m'envahissait. « Vous êtes fou, Charles ! La police sait que vous travailliez avec votre frère ! Vous ne vous en sortirez jamais ! »

Charles prit un rire guttural et déplaisant.

« La police ? La police cherche un vieil aristocrate en prison. Ils ne savent même pas que je suis rentré en France. Mon frère va passer le reste de sa vie en prison à cause de vous et de votre mari. Mais avant que je ne quitte définitivement ce pays pour la Colombie, j'ai une petite dette à régler. »

Il s'approcha de moi, tirant de sa poche un bidon en métal jaune. Il dévissa le bouchon avec un cliquetis sinistre.

Une odeur d'essence forte et étouffante envahit immédiatement la pièce.

Mon cœur se mit à battre à une vitesse folle. La phobie du feu, si longtemps enfouie sous ma détermination, resurgit avec une force destructrice. Je revis les flammes de l'incendie d'il y a trois ans.

« Vous aimez le feu, n'est-ce pas, Elena ? » railla Charles en versant une traînée d'essence sur le sol tout autour de ma chaise. « C'est votre marque de fabrique. Votre mari s'est battu pour votre visage défiguré... Voyons s'il vous aimera tout autant quand vous ne serez plus qu'un tas de cendres ! »

« Daniel va vous retrouver », dis-je, les dents serrées, luttant contre la panique. « Il rasera cette ville s'il le faut ! »

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« Il arrivera trop tard », répliqua Charles en sortant un briquet en argent de sa veste. « J'ai envoyé un message à votre cher époux lui donnant l'adresse. Il viendra seul, sans la police. Et quand il arrivera, il trouvera ce hangar en flammes. »

Le sadisme de cet homme était sans limite. Il voulait faire vivre à Daniel le supplice ultime : arriver trop tard pour me sauver.

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