Chapter 12 - La Vente Aux Enchères

Deux semaines se sont écoulées. L'affaire pénalo-civile concernant les biens de la fiducie avance à un rythme fulgurant. Pour liquider les dettes de gestion accumulées par Ethan lorsqu'il dirigeait frauduleusement certaines filiales, la justice ordonne une vente aux enchères publique de ses biens personnels d'exception : sa collection de voitures de sport, ses montres de collection et ses œuvres d'art modernes.
La vente a lieu dans la grande salle des ventes Drouot-New York. Les plus grands collectionneurs de la ville sont présents.
Ethan, habillé d'un costume bon marché acheté dans une friperie, s'est glissé incognito au fond de la salle pour assister au massacre de ce qu'il considérait comme sa réussite sociale.
Le commissaire-priseur lève son marteau.
— Lot numéro 4 : une Ferrari 488 Pista, appartenant auparavant à M. Ethan Mercer. Mise à prix : deux cent mille dollars.
Au premier rang, assise avec une élégance souveraine, Éléonore Mercer lève discrètement son panneau d'enchère.
— Trois cent mille dollars, annonce le commissaire-priseur.
Personne n'ose surenchérir contre la milliardaire.
— Adjugé à Madame Éléonore Mercer !
Ethan assiste, médusé, à la scène. Un par un, tous ses trésors — sa montre Patek Philippe, son tableau d'art abstrait préféré, sa seconde voiture de course — sont rachetés un par un par sa propre mère au prix fort.
À la fin de la séance, alors que la foule se disperse, Ethan s'approche timidement du premier rang où sa mère ramasse ses gants en cuir.
— Pourquoi fais-tu ça, maman ? demande-t-il d'une voix étranglée. Pourquoi rachètes-tu mes affaires si tu me détestes tant ?
Éléonore se tourne vers lui. Son regard n'est plus rempli de colère, mais d'une profonde et triste compassion.
— Je ne déteste pas mes affaires, Ethan. Je rachète ce qui a été acheté avec l'argent du travail de ton père. Ces objets n'étaient pas tes réussites, c'étaient les illusoires trophées de ton arrogance. Je les mets en sécurité dans la fondation familiale. Et toi... qu'as-tu construit de tes propres mains dans ta vie ?
Ethan baisse la tête, incapable de répondre. La question résonne en lui comme un verdict d'une vérité dévastatrice.
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— Rien, maman... murmure-t-il dans un souffle. Je n'ai jamais rien construit tout seul.
— Alors il est temps que tu commences, répond Éléonore avant de quitter la salle, laissant Ethan seul au milieu des sièges vides.