strive

Chapter 10 - Révélations sous Pression

Vingt-quatre heures après le coup de filet spectaculaire sur les docks du port franc, l'onde de choc secouait les fondations mêmes de l'appareil judiciaire et politique de la métropole. L'arrestation simultanée du juge d'instruction Antoine Germain, du magnat de la finance Victor Vance et la saisie de leurs archives secrètes faisaient la une de tous les journaux nationaux.

J'étais assise dans le bureau du procureur général de la République, un vaste espace boisé surplombant la cour d'honneur du Palais de Justice. À mes côtés se trouvaient Maître Elena Ruiz et le capitaine Marc Valier. De l'autre côté du bureau imposant, le Procureur Général en personne, Monsieur Henri de Saint-Sulpice, feuilletait avec une gravité extrême le volumineux dossier de preuves que nous lui avions constitué.

— Mademoiselle Vaneau, déclara le procureur en posant ses lunettes sur la table, ce que vous avez accompli ces dernières semaines est tout simplement extraordinaire. Vous avez mis au jour un réseau d'extorsion et de blanchiment d'argent qui gangrenait notre juridiction depuis plus d'une décennie.

— Je n'ai fait que chercher la vérité sur l'assassinat de mon père, Monsieur le Procureur, répondis-je d'une voix calme mais empreinte d'une fermeté inébranlable. Et je ne m'arrêterai pas tant que toutes les personnes impliquées n'auront pas été condamnées.

— Et elles le seront, assura le Procureur Général. Les aveux passés la nuit dernière par le juge Germain sont dévastateurs. Confronté aux enregistrements audio de l'entrepôt et aux preuves financières fournies par vos soins, il a accepté de coopérer en échange d'une réduction de peine. Il a confirmé que c'est Marlène Moreau qui est venue le trouver il y a trois ans, mandatée par Victor Vance, pour organiser le sabotage du véhicule de votre père.

Elena intervint avec précision :

— Qu'en est-il du volet concernant les violences physiques et la séquestration subies par Éléonore de la part de Damien Moreau ?

Le Procureur esquissa un rictus méprisant.

— Damien Moreau est aux abois. Dans sa cellule, il a tenté de rejeter l'intégralité de la faute sur sa mère, prétendant qu'il était sous son emprise psychologique et qu'il ignorait tout du sabotage de la voiture d'Henri Vaneau. Mais Marlène, en apprenant que son fils la trahissait pour sauver sa propre peau, est entrée dans une fureur folle. Ce matin à sept heures, elle a demandé à revoir les enquêteurs de la brigade financière pour faire des déclarations spontanées.

Je me redressai, soudainement attentive.

— Qu'a-t-elle dit ?

Le capitaine Valier prit la parole en ouvrant son carnet de notes.

— Marlène a balancé l'existence d'un second coffre-fort physique dissimulé dans les fondations de la villa familiale, derrière le mur de la cave à vin. Un coffre dont Damien pensait être le seul à connaître la combinaison. D'après elle, ce coffre contient non seulement les registres originaux des sociétés écrans, mais aussi des enregistrements audio des conversations privées entre Damien et Victor Vance où ils planifiaient de vous éliminer à petit feu en vous empoisonnant à l'arsenic à faible dose.

Un silence glacial envahit la pièce. Elena me saisit fermement la main. J'avais des frissons sur tout le corps. L'arsenic... les vertiges chroniques, les nausées incontrôlables que je subissais pendant mes mois de deuil n'étaient donc pas dus à la dépression, mais à un empoisonnement lent et méthodique !

— Ces monstres... chuchotai-je, les yeux brûlants de larme retenues. Ils voulaient que je meure à petit feu sans laisser de traces d'effraction.

— La perquisition de la villa est en cours en ce moment même par les experts scientifiques, reprit le capitaine Valier. Le juge d'instruction nouvellement désigné vient de requalifier les charges retenues contre Damien et Marlène Moreau : ils sont désormais poursuivis pour tentative d'assassinat avec préméditation et empoisonnement. Ils risquent la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible de vingt-deux ans.

— C'est ce qu'ils méritent, déclara Elena sans l'ombre d'une hésitation.

Le Procureur Général se leva et me tendit la main avec un respect profond.

— Mademoiselle Vaneau, la justice a été aveugle et manipulée pendant trop longtemps dans votre histoire. Je vous promets personnellement que le procès qui s'ouvrira dans deux mois sera d'une transparence exemplaire. L'honneur de votre père et le vôtre seront pleinement lavés.

Je serrai sa main avec force.

— Merci, Monsieur le Procureur. Mais il me reste une dernière chose à faire avant le procès.

— Laquelle ?

May you like

— Je dois retourner dans cette maison. Je dois affronter les fantômes du passé et reprendre possession de ce qui appartient à ma famille.

==================================================

Related Stories

Other posts