Chapter 23 - Vengeance sans Pitié

Le début de l'été marqua une étape décisive pour l'avenir du groupe Vaneau Construction. Lors de la grande assemblée générale annuelle des actionnaires, un événement majeur était à l'ordre du jour : le vote de la nouvelle charte éthique et le lancement officiel de la Fondation Henri Vaneau.
La grande salle de conférence de l'Hôtel de Ville avait été louée pour l'occasion. Plus de cinq cents personnes — actionnaires, employés, partenaires internationaux, journalistes et représentants du gouvernement — remplissaient la salle.
Lorsque je montai sur l'estrade, vêtue d'une élégante robe bleue roi, la salle entière se leva pour me réserver une ovation debout qui dura plus de deux minutes.
Je levai la main pour remercier l'assemblée et pris la parole devant les microphones.
— Chers actionnaires, chers amis, chers collaborateurs, commença-je d'une voix claire et chaleureuse. Il y a un an, la société Vaneau Construction était menacée de disparition par la fraude, la violence et la corruption. Certains ont cru que les valeurs d'intégrité, de respect et d'honnêteté léguées par mon père étaient des faiblesses dans le monde des affaires moderne.
Je balayai du regard les visages attentifs de la foule.
— Nous avons prouvé le contraire. Aujourd'hui, notre entreprise affiche les meilleurs résultats financiers de son histoire. Mais le succès économique ne vaut rien s'il ne sert pas à élever la société. C'est pourquoi j'annonce ce soir que trente pour cent des bénéfices annuels de Vaneau Construction seront désormais versés de manière pérenne à la Fondation Henri Vaneau pour financer deux causes majeures : la protection et le relogement des femmes victimes de violences intrafamiliales, et le développement de technologies de construction durables accessibles aux pays en développement.
Des applaudissements enthousiastes retentirent à nouveau dans toute la salle.
— La meilleure vengeance face à la cruauté n'est pas la destruction, conclual-je sous les yeux émus d'Elena et de Marc assise au premier rang. C'est la reconstruction. C'est de transformer la douleur en une lumière qui éclaire la vie des autres.
Après la réunion, une réception grandiose se tint dans les jardins de l'Hôtel de Ville. Les félicitations affluaient de toutes parts. Des industriels autrefois hésitants venaient s'excuser d'avoir douté de moi et proposaient des partenariats stratégiques.
Gabriel Mercier s'approcha de moi, une coupe de champagne à la main.
— Éléonore, je viens de consulter les rapports de presse internationale. L'annonce de la création de la Fondation et la charte éthique font la une du Financial Times et du Monde. Vous venez de redéfinir les standards du leadership industriel moderne.
— Nous l'avons fait ensemble, Gabriel, répondis-je en trinquant avec lui. Une entreprise est une équipe, pas le terrain de jeu d'un despote.
Alors que la soirée se poursuivait sous les guirlandes lumineuses du jardin, Marc Valier m'invita à faire quelques pas à l'écart du bruit de la fête, le long de l'allée des rosiers en fleurs.
— Vous avez été impériale ce soir, Éléonore, dit-il avec une sincérité touchante.
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— Merci, Marc. Mais ce soir, je ne me sens pas comme une PDG. Je me sens simplement comme une femme heureuse et libre.
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