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Chapter 17 - La Chute Libre

Le quatrième jour du procès fut consacré au volet financier et au démantèlement du réseau de blanchiment international. Gabriel Mercier, l'expert financier judiciaire, et le capitaine Marc Valier se succédèrent à la barre pour présenter l'arbre généalogique des sociétés écrans et des comptes secrets dissimulés dans les paradis fiscaux.

Grâce aux éléments précieux contenus dans le journal intime remis par la femme du juge Germain, la démonstration du Ministère Public fut d'une précision chirurgicale.

— Mesdames et Messieurs les jurés, déclara le procureur général en arpentant l'allée centrale devant le jury populaire. Nous ne sommes pas seulement face à un drame familial tragique. Nous sommes face à une entreprise criminelle de grande envergure. Victor Vance, avec la complicité du juge Antoine Germain, avait mis en place un système de captation systématique des grandes entreprises familiales de notre région.

Le procureur désigna du doigt les accusés dans le box.

— Ils repéraient des sociétés fleurissantes aux brevets à forte valeur ajoutée. Ils identifiaient les vulnérabilités familiales. Ils infiltraient les foyers via des mercenaires de l'escroquerie comme Marlène et Damien Moreau. Puis, ils provoquaient la ruine ou la mort des propriétaires légitimes pour faire rafler les actifs par des fonds spéculatifs opaques !

Le procureur se tourna vers Victor Vance.

— Monsieur Vance pensait être un maître de l'échiquier financier international. Mais il a commis une erreur fatale : il a sous-estimé une jeune femme. Il a pensé qu'en frappant Éléonore Vaneau, en la privant de son père, en l'empoisonnant à petit feu, il la réduirait au silence. Il a oublié que le courage et la vérité sont des forces qu'aucun compte en Suisse ne peut acheter !

Des applaudissements discrets retentirent dans la galerie réservée au public, immédiatement réprimés par le juge Meyer.

C'est alors que Maître Elena Ruiz prit la parole pour la plaidoirie finale de la partie civile. Elle s'avança vers le jury, ne tenant aucun papier en main, portant la voix avec une passion et une éloquence magnifiques.

— Jurés de la cour, il y a quelques mois encore, Éléonore Vaneau était seule, pieds nus dans la neige, le visage ensanglanté par le poing de son mari, fuitant par la fenêtre d'une maison qui lui appartenait mais dont on l'avait chassée. Ce soir-là, elle aurait pu s'effondrer. Elle aurait pu accepter la défaite. Mais elle a choisi de se battre. Non pas pour la vengeance aveugle, mais pour la justice de son père, pour la dignité des victimes de violences invisibles et pour la vérité.

Elena se tourna vers moi, un sourire plein de fierté dans les yeux.

— Aujourd'hui, Éléonore est debout. L'entreprise Vaneau Construction est sauvée, trois cents familles ont conservé leur emploi, et les criminels qui voulaient la détruire sont enfermés dans cette cage de verre. Ce que nous vous demandons aujourd'hui, c'est de rendre une décision qui résonnera comme un signal d'espoir pour toutes les personnes opprimées : que l'impunité des puissants est définitivement terminée !

La plaidoirie d'Elena fut saluée par une émotion intense qui gagna l'ensemble de la salle d'audience. Même certains jurés ne purent masquer leurs larmes face à la force de son discours.

Le juge Meyer annonça alors la clôture des débats et le retrait de la cour et du jury populaire dans la salle des délibérés pour traiter les quarante-deux questions pénales posées par l'accusation.

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Le délibéré allait durer plusieurs heures. La tension dans le Palais de Justice était à son comble. La chute libre des coupables touchait à son terme : le verdict final était imminent.

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