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Chapter 7 - Le Poison de la Confiance

La déchéance de Delacroix et la neutralisation de la menace financière de Victor Vance redonnèrent à Vaneau Construction une stabilité inespérée. En moins d'une semaine, le cours de l'action remonta en flèche, et les employés, autrefois apeurés par le climat de terreur imposé par Damien, retrouvèrent le sourire.

Cependant, au fond de moi, une inquiétude grandissait. En fouillant les archives personnelles de mon père que j'avais enfin pu récupérer dans la maison familiale, j'étais tombée sur une série de lettres manuscrites datant d'il y a trois ans. Elles étaient toutes signées d'une initiale : "M." et contenaient des menaces explicites concernant le brevet de notre technologie phare de béton bas-carbone.

Ce jeudi soir, alors que la nuit tombait sur la ville, j'étais seule dans mon bureau à relire ces lettres. Maître Elena Ruiz entra, apportant deux tasses de thé chaud.

— Tu devrais rentrer chez toi et te reposer, Éléonore, dit-elle gentiment. Tu as passé ces cinq derniers jours à travailler dix-huit heures par jour. Le procès de Damien et Marlène est fixé pour dans deux mois, leur maintien en détention provisoire a été confirmé cet après-midi par le juge d'instruction. Ils ne peuvent plus te faire de mal.

— Ce ne sont pas Damien et Marlène qui m'inquiètent ce soir, Elena, dis-je en lui tendant l'une des lettres manuscrites. Regarde ça.

Elena parcourut le document des yeux, son regard devenant de plus en plus sérieux.

— "Si vous ne cédez pas la licence exclusive avant la fin de l'année, votre famille en payera le prix ultime..." C'est daté de six mois avant l'accident de voiture de ton père !

— Exactement, dis-je en me redressant. L'accident de voiture de mon père n'a jamais été un simple problème de freins défectueux dû à la pluie comme l'a conclu l'enquête de police de l'époque. Mon père était un conducteur extrêmement prudent. Et juste après sa mort, Damien est apparu magiquement dans ma vie, me consolant, m'épousant en moins de six mois et prenant le contrôle de la société.

Elena fronça les sourcils, saisissant l'ampleur effrayante de ce que je suggérais.

— Tu penses que l'accident de ton père était un assassinat orchestré ? Et que le mariage de Damien avec toi n'était pas un hasard, mais un plan prémédité depuis le début ?

— J'en suis convaincue, répondis-je, le cœur battant à tout rompre. Damien et Marlène n'étaient que des exécutants. On leur a promis une partie de la fortune de mon père s'ils détruisaient la société de l'intérieur et me poussaient au suicide ou à la folie. C'est pour cela que Marlène me donnait ces médicaments en cachette ! Ils ne voulaient pas seulement mon argent, ils voulaient effacer définitivement le nom de Vaneau.

Au même moment, mon téléphone portable professionnel se mit à vibrer sur le bureau. L'écran affichait un numéro inconnu provenaant d'un téléphone public.

Je décrochai et mis le haut-parleur.

— Allô ?

— Éléonore... murmura une voix faible, hachée par la peur. C'est... c'est Julien. Julien Moretti.

Julien Moretti était l'ancien chauffeur personnel et garde du corps de mon père, l'homme qui conduisait la voiture le soir du drame et qui avait miraculeusement survécu après trois mois de coma, avant de disparaître de la circulation sans donner de nouvelles.

— Julien ? m'écriai-je, le souffle coupé. Où êtes-vous ? Ça fait trois ans que je vous cherche !

— Je n'ai pas beaucoup de temps, Éléonore, dit-il dans un souffle terrifié. Ils me recherchent. S'ils savent que je vous parle, ils me tueront. Je suis caché dans un ancien entrepôt abandonné près des docks, au quai numéro 4. Il faut que vous veniez seule. Tout de suite. Je peux vous donner le nom de l'homme qui a payé pour saboter la voiture de votre père.

— Julien, attendez ! Ne bougez pas, j'arrive tout de suite !

La ligne coupa brutalement avec un bip assourdissant.

Elena me retint immédiatement par le bras alors que je saisissais mon manteau.

— Tu ne vas tout de même pas y aller seule ! C'est peut-être un piège tendu par les complices de Vance ou de Damien !

— Si c'est ma seule chance de savoir la vérité sur la mort de mon père, je dois y aller, dis-je avec une détermination féroce. Mais je ne suis pas stupide. Appelle le capitaine Valier. Dis-lui de faire traquer la cellule téléphonique et d'envoyer une équipe en couverture discrète au quai numéro 4.

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Dix minutes plus tard, je volant dans ma berline noire à travers la pluie battante qui s'était abattue sur la ville, me dirigeant vers la zone portuaire industrielle sombrée dans le noir. Le compte à rebours pour la vérité finale venait de commencer.

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