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Chapter 21 - Face à la Justice

Deux mois après le procès, je me rendis au cimetière paysager où reposait mon père. Le ciel d'avril était d'un bleu limpide, et une brise douce faisait frémir les feuilles des grands cyprès.

Je posai un immense bouquet de pivoines blanches — ses fleurs préférées — sur la stèle en marbre noir gravée au nom d'Henri Vaneau (1958-2023).

Je m'assis sur le banc de pierre situé à côté de la tombe et restai un long moment silencieuse, laissant le calme des lieux m'envelopper.

— Papa..., murmurai-je doucement, la voix bercée par le chant des oiseaux. J'ai réussi. La vérité a été établie devant le monde entier. Ton nom a été lavé de toutes les calomnies. Les hommes et les femmes qui t'ont trahi et qui ont voulu détruire ton œuvre sont désormais derrière des barreaux pour le reste de leur vie.

Je posai ma main sur la pierre fraîche.

— Pendant longtemps, j'ai cru que ta disparition m'avait laissée vide et impuissante. Mais en affrontant la nuit, les coups et la trahison, j'ai découvert que tu m'avais légué la plus grande des forces : l'amour de la vérité et le refus de plier face à l'injustice.

Soudain, un pas discret se fit entendre sur l'allée en gravier. Je me retournai et vis s'avancer le capitaine Marc Valier, vêtu d'un costume civil, tenant une simple rose rouge à la main.

— Je ne voulais pas déranger votre moment de recueillement, Éléonore, dit-il gentiment avec une réserve élégante.

— Vous ne dérangez pas, Marc, répondis-je avec un doux sourire en l'invitant à me rejoindre.

Marc posa la rose sur la stèle et se tourna vers moi.

— Je tenais à venir saluer la mémoire de votre père. C'était un grand homme. Et après avoir travaillé avec vous pendant ces mois d'épreuves, je comprends d'où vous tenez votre valeur.

— Merci, Marc. Sans votre soutien et votre courage le soir des docks, je ne serais pas ici aujourd'hui.

Marc me regarda avec une lueur chaleureuse et sincère dans les yeux.

— Vous n'avez plus besoin de vous battre seule, Éléonore. Le chapitre des ombres est définitivement clos. Il est temps pour vous de penser à vous, à votre vie, à votre bonheur.

Je regardai le soleil qui traversait la canopée des arbres, illuminant la tombe de mon père. Pour la première fois depuis des années, je sentis mon cœur battre avec une paix profonde et totale.

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— Oui, Marc, répondis-je en prenant la main qu'il me tendait. Il est temps de vivre.

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