Chapter 23 - L'Envol de la Fondation

De retour à Saint-Jean-Cap-Ferrat, la vie reprenait son cours harmonieux. La décision d'accorder la clémence médicale à Vivian avait été saluée par l'opinion publique, renforçant encore la stature morale de la Fondation Gabriel Hale.
Gabriel Vane m'attendait sur la grande terrasse de la propriété, nous préparant un dîner léger aux saveurs de la Provence. Le petit Gabriel courait joyeusement sur la pelouse après un jeune golden retriever que nous venions d'adopter.
— Comment s'est passée cette journée à Paris ? me demanda mon mari en m'enlaçant tendrement par la taille dès mon arrivée.
— Une page s'est définitivement fermée, répondis-je en m'appuyant contre son torse rassurant. J'ai vu Vivian. Il ne reste plus rien de la femme terrifiante qu'elle était. Seulement une ombre rongée par ses propres choix.
— Tu as fait preuve d'une grande noblesse d'âme, Aurore. Beaucoup auraient cherché à la laisser pourrir en cellule jusqu'au dernier souffle.
— La vraie vengeance n'est pas d'infliger la même souffrance, Gabriel. La vraie victoire est de prouver que leurs actes n'ont pas réussi à nous détruire ni à nous rendre mauvais comme eux.
Mon père nous rejoignit sur la terrasse, tenant à la main un exemplaire du Financial Times.
— Vous devriez lire ceci, les enfants, dit-il avec un grand sourire.
Le journal économique consacrait sa une à l'expansion internationale de la Fondation Gabriel Hale, devenue le modèle européen de référence pour la réinsertion des victimes de violences domestiques et le soutien à l'enfance vulnérable.
— Les gouvernements espagnol et italien demandent notre partenariat pour exporter notre modèle chez eux, ajouta mon père. Aurore, tu es invitée à prendre la parole devant l'Assemblée Générale des Nations Unies à Genève le mois prochain.
Je regardai mon fils qui riait aux éclats en jouant avec le chiot sous les derniers rayons du soleil.
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Il y avait trois ans, j'étais une femme battue, enfermée dans un manoir de marbre, craignant pour la vie de mon bébé à naître et obligée de cacher mon identité pour survivre. Aujourd'hui, ma voix résonnait dans les plus hautes instances internationales pour protéger des milliers d'autres personnes.
— J'accepte avec honneur, Papa, dis-je en prenant la main de mon mari. Et nous irons tous ensemble à Genève.