Chapter 9 - Naissance dans l'Ombre

L'obscurité du parking souterrain était trouée par les faisceaux de nos lampes tactiques. La tension était à son comble. D'un côté, la sécurité privée de mon père formait un rempart infranchissable autour de mon brancard ; de l'autre, les mercenaires envoyés par Julian essayaient de forcer les portes métalliques d'accès.
— Ils ne passeront pas, Mademoiselle Hale, déclara Sarah d'une voix glaciale en armant son pistolet. Maître Laurent a déjà prévenu le GIGN et les forces de police. Ils seront là dans cinq minutes.
— Je n'ai pas cinq minutes ! hurlai-je en me tordant de douleur. Le bébé est là !
Le docteur Martien, le médecin obstétricien privé qui faisait partie de mon escorte, s'agenouilla immédiatement à mes côtés sur le sol de béton froid, éclairé par les lampes de poche tenues par mon père et les agents.
— Écoutez-moi attentivement, Aurore, dit le docteur d'un ton d'une fermeté absolue. Nous ne pouvons pas attendre l'ambulance. L'enfant commence à s'engager. Vous allez devoir accoucher ici, maintenant.
Des détonations retentirent près de l'entrée principale du parking. Les mercenaires de Julian essayaient de faire sauter les verrous à la meuleuse d'angle, faisant jaillir des étincelles brillantes dans la nuit.
Mon père attrapa ma main avec une force désespérée. Ses yeux, habituellement si durs dans le monde des affaires, étaient remplis de larmes retenues.
— Pousse, ma fille ! Pousse pour ton fils ! Ne pense pas à eux, pense seulement à lui !
Je fermai les yeux, faisant abstraction des bruits de métal déchiré, des tirs d'intimidation à l'extérieur et du froid glacial du béton. Je rassemblai la totalité de mes forces résiduelles, poussée par un instinct maternel féroce qui balaya toute trace de peur.
— Ahhhhh !
Un hurlement de douleur et de triomphe m'échappa. Je poussai de toutes mes forces, sentant mon corps se déchirer et se battre contre l'adversité.
— Encore une fois, Aurore ! La tête est sortie ! criait le médecin. Poussez !
Je rassemblai mon souffle ultime et poussai une dernière fois dans un effort surhumain.
Puis, au milieu du chaos, du bruit des sirènes de police qui approchaient au loin et des étincelles qui volaient, un son pur et cristallin s'éleva, perçant l'obscurité.
Un cri d'enfant.
Le bébé pleurait à chaudes larmes, fort et vigoureux.
— C'est un garçon ! annonça le docteur Martin en enveloppant le nouveau-né immédiatement dans une couverture thermique stérile. Il est parfait, Aurore ! Il est parfaitement sain !
Le médecin me posa mon fils sur la poitrine. Malgré la moiteur et la douleur, je le serrai contre moi. Ses petits poings fermés s'agitaient contre ma peau.
Au même instant, la porte de fer du parking vola en éclats sous l'assaut des forces spéciales de la police. Les mercenaires de Julian, pris au piège entre la police et notre garde rapprochée, jetèrent leurs armes au sol et levèrent les mains.
Mon père s'agenouilla près de moi, embrassant mon front trempé de sueur.
— Tu as réussi, Aurore... Tu les as vaincus.
May you like
Je regardai le visage minuscule de mon fils qui s'était calmé contre mon cœur.
— Son nom est Gabriel, murmurai-je, ma voix brisée par l'émotion. Gabriel Hale. Et personne ne nous le prendra jamais.