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Chapter 4 - Le Piège du Gala

Le lendemain soir, le prestigieux palais des congrès accueillait le gala annuel de charité de la fondation Blackwood. C'était l'événement mondain le plus couru de la saison. Tout ce que la haute société, la politique et la finance comptait de célébrités s'y pressait sous le crépitants des flashs des photographes.

Ethan Blackwood se tenait au centre du grand hall de réception, vêtu d'un smoking impeccable. Mais sous son sourire poli d'hôte accompli, une nervosité extrême le rongeait. Ses yeux balayaient constamment la foule à la recherche du moindre signe de menace. Il avait passé la journée entière à essayer de joindre Richard Hale, sans aucun succès. Ses appels restaient sans réponse et les banques commençaient déjà à poser des questions embarrassantes sur la solvabilité de sa société.

À ses côtés, Vivian portait une parure de diamants étincelante, mais son maquillage épais peinait à masquer la pâleur de son teint.

— Tu es sûr qu'elle ne viendra pas ? chuchota Vivian en feignant de sourire aux invités.

— Comment le saurais-je ? cracha Ethan entre ses dents. Elle est à l'hôpital ou cachée chez son père ! Mais tant qu'aucune rumeur publique n'a filtré, nous devons jouer notre rôle. Si les investisseurs sentent la panique, le titre s'effondre avant même la fermeture de la bourse de New York.

Soudain, le tumulte de la foule s'apaisa brusquement près de l'entrée principale. Les murmures se propagèrent comme une traînée de poudre. Les photographes se retournèrent tous en même temps, le crépitement des flashs redoublant d'intensité.

Une limousine noire venait de s'arrêter devant le tapis rouge.

La portière s'ouvrit et Richard Hale descendit le premier. Il se tourna ensuite pour tendre élégamment la main à une jeune femme qui sortit du véhicule.

C'était moi.

Je portais une robe du soir sur mesure d'un bleu nuit profond, drapée avec une élégance royale qui mettait en valeur la rondeur de mon ventre de huit mois. Mes cheveux étaient coiffés en un chignon sophistiqué et mes lèvres ne portaient plus aucune trace des blessures de la veille, grâce au travail d'une maquilleuse professionnelle d'exception. À mon cou scintillait un collier d'émeraudes ayant appartenu à ma mère.

Un murmure stupéfait traversa la salle lorsque les invités me reconnurent.

— Mais... c'est la femme d'Ethan Blackwood ?

— Que fait-elle au bras de Richard Hale ?

— Regardez la ressemblance... Ce sont les mêmes traits !

Ethan resta pétrifié au milieu du hall. Son verre à la main se mit à trembler violemment. Il regarda mon père, puis moi, incapable de faire un geste.

Je m'avançai d'un pas calme et assuré, ma main posée sur le bras de mon père. Nous traversâmes la foule qui s'écartait spontanément sur notre passage.

— Bonsoir, Ethan, dis-je d'une voix parfaitement claire qui résonna dans la pièce devenue silencieuse. Quelle magnifique soirée de charité. C'est toujours émouvant de voir à quel point tu te soucies du bien-être des autres en public.

Ethan serra les dents, essayant désespérément de garder le contrôle de la situation.

— Ava... qu'est-ce que signifie cette mascarade ? Et pourquoi viens-tu accompagnée de Monsieur Hale ?

Mon père fit un pas en avant, dominant Ethan de toute sa hauteur.

— Son nom n'est pas Ava, jeune homme. Son nom est Aurore Hale. Et si vous vous posez encore des questions sur notre présence, c'est simplement parce que nous venons d'acquérir l'exclusivité du prêt obligataire de votre société.

Un hoquet de surprise collectif traversa l'assemblée des hommes d'affaires présents dans la salle.

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— Quoi ? balbutia Ethan. De quoi parlez-vous ?

— Je parle du fait, reprit Richard Hale, que depuis dix minutes, votre entreprise appartient virtuellement à Hale Global. Et nous sommes ici pour prononcer la déchéance du terme de vos créances pour faute lourde et comportement indigne.

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