Chapter 15 - Le Face-à-Face en Cellule

Le lendemain matin à neuf heures, je me rendis dans les sous-sols du Palais de Justice, où Dana était détenue en cellule d'isolement en attendant sa présentation initiale devant le juge d'instruction.
Lorsque le gardien ouvrit la lourde porte en fer battu, Dana était assise sur la couchette en béton, déchus de ses habits de luxe, vêtue d'un survêtement gris fourni par l'administration pénitentiaire. Son maquillage avait coulé, ses cheveux étaient ébouriffés, et l'arrogance qui la caractérisait avait fait place à une détresse paniquée.
En me voyant entrer, elle se leva d'un bond et se précipita vers le barreau séparateur.
— Evelyn ! Tu dois me sortir d'ici ! C'est un cauchemar ! Je n'ai rien à voir avec l'attaque d'hier soir contre ta voiture ! Je n'étais même pas au courant !
Je m'assis sur la seule chaise en bois de la pièce d'interrogatoire, posant le dossier volumineux de son instruction sur la table métallique.
— Je sais que tu n'as pas ordonné l'attaque contre ma voiture, Dana. Ou plutôt devrait-je dire, Sophie Delacroix.
Elle se figea instantanément à l'entente de son véritable nom.
— Tu... Tu sais ?
— Nous savons tout, répondis-je d'un ton neutre. Nous savons pour tes arnaques à Nice en 2021, à Lyon en 2023, et ton partenariat criminel avec Richard Ross. Nous savons que vous avez inventé ce lien d'oncle et nièce pour usurper l'autorité policière locale et détruire la vie de familles fortunées.
Dana s'effondra à nouveau sur son lit de camp, enfouissant son visage dans ses mains.
— C'est Ross qui a tout combiné... murmura-t-elle, cherchant à rejeter la faute sur son complice. Il me tenait sous sa coupe. Si je ne faisais pas ce qu'il disait, il menaçait de me dénoncer à la police pour mes anciennes affaires !
— Ne fatigue pas tes forces avec ces mensonges, Sophie. Les enregistrements retrouvés dans le bureau de Vance prouvent que c'est toi qui as initié le contact. Tu as orchestré la séduction de Michael, tu l'as poussé vers le jeu, et tu as planifié l'agression de ma mère.
— Et Michael ? demandai-elle soudainement avec une lueur de haine dans les yeux. Il s'en sort indemne, lui ? C'est un lâche ! Il a regardé sa mère souffrir sans lever le petit doigt ! Il mérite la prison autant que moi !
— Ne t'inquiète pas pour ton mari, dis-je en me levant. Il partage une cellule trois couloirs plus loin. Vous aurez tout le loisir de vous croiser dans la cour de promenade lors du procès aux Assises.
Je me dirigeai vers la porte, mais elle me cria dans le dos :
— Tu te crois parfaite, Evelyn ! Mais tu as détruit ta propre famille ! Ton frère va aller en prison à cause de toi !
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Je m'arrêtai sur le seuil et me retournai une dernière fois.
— Mon frère s'est détruit tout seul le jour où il a posé la main sur notre mère. Je n'ai fait que nettoyer les débris.