Chapter 16 - La Trahison de Michael

Après mon entretien avec Dana, je me rendis dans la salle d'interrogatoire numéro 3, où Michael m'attendait sous la garde de deux inspecteurs de la brigade financière.
Mon frère avait perdu toute superbe. Son costume autrefois impeccable était taché, sa barbe de trois jours lui donnait un air battu, et ses yeux rouges témoignaient d'une nuit de sanglots et de terreur.
— Evelyn... dit-il d'une voix rauque dès que la porte se referma. S'il te plaît... Dis-moi que tout ceci n'est qu'un cauchemar. Mon avocat dit que je risque jusqu'à dix ans de prison ferme pour complicité de violences aggravées et tentative d'extorsion !
Je m'assis en face de lui, observant cet homme qui avait partagé mes souvenirs d'enfance.
— Ton avocat est très optimiste, Michael. Avec les chefs d'accusation d'association de malfaiteurs et de conspiration financière avec une organisation criminelle, la peine maximale est de quinze ans.
Michael laissa échapper un sanglot étouffé, se prenant la tête à deux mains.
— Mais je ne savais pas ! Je te jure que je ne savais pas pour Vance ou pour la vraie identité de Dana ! Elle me disait qu'on allait acheter une magnifique villa dans le sud, qu'on aiderait Maman à aller dans une maison de retraite haut de gamme... Elle m'a menti sur tout !
— Et pour l'agression avec la batte de baseball ? demandai-je, le regard froid. Elle t'a menti aussi quand elle a frappé Maman sous tes yeux ? Quand tu l'as tenue par les bras pour l'empêcher de se défendre ?
Michael baissa les yeux, incapable d'affronter le miroir de ses propres actes.
— J'étais tétanisé... Dana me criait dessus... Elle disait que si Maman ne signait pas ce soir-là, les hommes de Vance viendraient brûler notre maison avec nous à l'intérieur... J'ai eu peur, Evelyn ! J'ai cédé à la panique !
— Tu as eu peur pour ta propre peau, Michael. Tu as préféré sacrifier les os de ta mère plutôt que de faire face à tes responsabilités financières. Tu as choisi de la faire passer pour une folle aux yeux de la police pour couvrir ta couardise.
— Pardonne-moi... balbutia-t-il en glissant de sa chaise pour tomber à genoux devant moi sur le sol en linoléum. Je t'en supplie, Evelyn ! Tu es la procureure ! Tu peux faire sauter les charges contre moi ! Tu peux dire au juge que j'ai été manipulé ! Fais-le pour Papa... Fais-le pour notre nom !
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Je le regardai du haut de toute ma hauteur. La pitié que j'aurais pu ressentir pour un frère égaré s'était complètement éteinte, calcinée par le souvenir de ma mère ensanglantée sur ce banc métallique de commissariat.
— N'ose pas prononcer le nom de notre père, dis-je d'une voix basse et vibrante de mépris. Papa était un homme d'honneur qui a travaillé toute sa vie pour protéger cette famille. Tu es une honte pour son nom. La seule chose que je ferai pour toi, c'est de m'assurer que tu aies un procès équitable. Rien de plus, rien de moins.