Chapter 4 - L'Ordre de Libération

Le capitaine Ross tenta de reprendre le contrôle de la situation. Il posa sa main lourde sur la crosse de son arme de service, un geste d'intimidation classique mais d'une stupidité crasse face à une représentante du Ministère de la Justice.
— Je vous ordonne de quitter ce poste immédiatement, Maître Hale, dit-il d'une voix caverneuse. Votre mère reste en cellule jusqu'à sa présentation au juge de permanence demain matin à neuf heures.
— Si ma mère passe une minute de plus dans cette cellule sans soins médicaux, Capitaine Ross, je ne me contenterai pas de suspendre votre badge, répondis-je en m'approchant de lui jusqu'à être à quelques centimètres de son visage. Je déposerai dès cinq heures du matin une requête pour séquestration arbitraire, falsification de preuves en bande organisée et non-assistance à personne en danger. Et je m'assurerai personnellement que votre pension de retraite soit saisie avant la fin de la semaine.
Le silence qui suivit fut étouffant. Les deux jeunes policiers regardaient leur capitaine avec une terreur grandissante. Ils comprenaient que le navire était en train de couler et qu'ils risquaient d'être entraînés dans les profondeurs.
— Détachez-la, ordonna finalement Ross entre ses dents serrées, le visage déformé par la haine.
L'agent de garde se précipita avec les clés. Les menottes tin tèrent en tombant sur le sol métallisé. Ma mère poussa un soupir de soulagement et s'effondra presque dans mes bras. Je l'aidai à se lever, l'enveloppant dans mon manteau en laine sombre pour la protéger du froid ambiant.
Michael fit un pas en avant, l'air désemparé.
— Evelyn, écoute... On peut arranger ça en famille. Pas besoin d'impliquer la justice ou ton bureau... Maman a besoin d'aide psychiatrique, c'est tout. Si tu la prends avec toi, tu te mets en danger !
Je m'arrêtai sur le seuil de la porte et me retournai vers mon frère. Le garçon avec qui j'avais grandi, celui qui avait partagé mes jeux d'enfance, était devenu un monstre de cupidité, prêt à sacrifier notre propre mère pour plaire à une femme manipulatrice.
— Tu as fait ton choix ce soir, Michael, dis-je d'une voix dénuée de toute émotion. Tu as choisi Dana, ses mensonges et la corruption de son oncle. Désormais, tu assumeras chaque conséquence légale de ce choix. Ne m'appelle plus jamais « ta sœur ».
Alors que nous franchissions la porte de sortie pour affronter la pluie battante, Dana me cria dans le dos :
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— Tu ne prouveras jamais rien ! La maison de ton père appartient à Michael maintenant ! Vous n'avez plus rien ici !
Je ne pris même pas la peine de me retourner. Le piège venait de se refermer sur eux, et ils ne le savaient pas encore.