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L Ombre du Croissant de Lune / Chapter 22 / 30

Chapter 22 - L'Arène de Mexico

L'Estadio Olímpico Ecuestre de Mexico présentait un spectacle grandiose. Plus de quarante mille spectateurs survoltés garnissaient les gradins monumentaux, créant une ambiance digne des plus grands événements sportifs de la planète. Des drapeaux multicolores flottaient sous la brise matinale, tandis que la musique des mariachis résonnait joyeusement dans les haut-parleurs du stade.

Lena Ortiz, vêtue d'un costume traditionnel mexicain confectionné avec amour par les couturières de Granbury, préparait tranquillement Azabache dans les écuries VIP du complexe. L'étalon noir, parfaitement serein malgré le tumulte ambiant, laissait sa maîtresse tresser soigneusement sa longue crinière sombre avec des rubans de soie aux couleurs des drapeaux américain et mexicain.

Don Fernando de la Vega s'avança vers leur box, flanqué de deux entraîneurs allemands en tenue stricte. Le richissime propriétaire toisa la fillette avec un mépris peine dissimulé. "Alors c'est toi la petite sensation d'Internet," déclara-t-il d'une voix hautaine en ajustant ses gants en cuir blanc. "Sache que le dressage traditionnel mexicain n'est pas un spectacle de cirque pour enfants. Ici, on juge la rigueur, la soumission absolue de la bête et la perfection technique."

"Un cheval n'a pas besoin de se soumettre pour être parfait, Monsieur," répliqua Lena d'un ton calme mais ferme en lui faisant face. "Il a simplement besoin d'être aimé et compris."

Don Fernando laissa échapper un rire sarcastique avant de se détourner. "Nous verrons ce qu'en penseront les juges internationaux cet après-midi. La discipline ne s'achète pas avec des belles histoires pour la presse."

L'épreuve de qualification débuta à quatorze heures. Les meilleurs cavaliers d'Argentine, du Brésil, d'Espagne, des États-Unis et du Mexique enchaînèrent des reprises de dressage d'une haute technicité. Don Fernando de la Vega réalisa une prestation irréprochable sur son étalon allemand "Imperador", obtenant la note quasi parfaite de 98,5 points sur 100 sous les applaudissements nourris du public.

Puis vint le tour de Lena et d'Azabache. Lorsque le haut-parleur annonça l'entrée en piste de la jeune représentante du Texas, une ovation phénoménale secoua les structures de l'immense stade.

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Lena fit pénétrer l'étalon noir sur la piste de sable blanc. À la surprise générale des juges internationaux, la fillette n'utilisait ni selle sportive, ni mors métallique, ni cravache. Elle montait Azabache entièrement à cru, vêtue de sa tenue traditionnelle, ne tenant entre ses doigts qu'une simple cordelette de coton doux entourant la base de l'encolure du cheval.

Un silence de stupéfaction s'abattit instantanément sur les quarante mille spectateurs. Jamais dans toute l'histoire de la compétition un cavalier n'avait osé se présenter à une épreuve internationale de haute école sans le moindre équipement de contention physique. L'épreuve ultime de confiance allait commencer.

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