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Chapter 10 - La Soirée de Charité

Le Grand Hôtel Lutetia arborait ses plus belles parures pour la soirée de gala annuelle de la Fondation Mercer. Sous les dorures du grand salon Napoléon, la haute société se pressait, flûte de champagne à la main, au milieu des crépitements des appareils photo des journalistes mondains.

Céleste Mercer, rayonnante dans une robe en velours noir étincelante de diamants, saluait les personnalités avec une grâce souveraine. À ses côtés, Nolan portait un smoking impeccable, masquant adroitement son nez cassé derrière une attitude fière et décontractée. Pour le monde extérieur, la famille Mercer restait intouchable, au-dessus des lois et des soupçons.

Soudain, un murmure parcourut l'assemblée près du grand escalier d'honneur.

Les conversations s'arrêtèrent une à une. Les photographes se retournèrent brusquement.

J'entrai dans le grand salon. Je portais une robe du soir rouge écarlate, spectaculaire et ajustée, dessinée par un grand couturier. Mon père m'accompagnait, le visage haut et altier, arborant une assurance inébranlable. Je n'avais mis aucun fond de teint sur ma joue gauche : la trace légère mais visible de l'hématome subsistait sciemment, comme un insigne de courage.

Céleste se figea, sa flûte de champagne suspendue à quelques centimètres de ses lèvres. Nolan devint instantanément vert de rage.

— Qu'est-ce que ces misérables font ici ? gronda Céleste en faisant signe au responsable de la sécurité du gala. Expulsez-les immédiatement ! Ils n'ont pas d'invitation !

— Au contraire, Madame Mercer, dis-je d'une voix haute et claire qui retentit dans tout le salon. Nous sommes les invités d'honneur du principal donateur de votre fondation.

Je sortis un carton d'invitation officiel signé par le premier adjoint au maire, présent dans la salle.

Nolan s'avança vers moi, les poings serrés, la voix crépitante de haine retenue.

— Tu joues avec le feu, Elena. Tu crois que venir faire ton spectacle ici va changer quoi que ce soit à votre faillite imminente ?

— Je ne suis pas venue faire un spectacle, Nolan, lui répondis-je avec un sourire radieux. Je suis venue assister à la remise de ta récompense.

À vingt-et-une heures précises, la présidente du comité d'organisation prit le micro sur la grande scène pour présenter le discours d'ouverture.

— Mesdames et messieurs, c'est avec un immense honneur que nous accueillons ce soir Madame Céleste Mercer pour son dévouement exceptionnel à notre communauté…

Céleste afficha son plus beau sourire hypocrite et s'avança vers le podium sous les applaudissements polis de la foule. Mais au moment où elle s'empara du micro, l'immense écran de rétroprojection situé derrière elle s'éteignit brusquement.

Un silence surpris s'installa.

Une seconde plus tard, l'écran s'alluma à nouveau, affichant en lettres gigantesques et rouges : **LE DOSSIER PROMÉTHÉE : LA VÉRITÉ SUR LE GROUPE MERCER**.

Puis, les documents bancaires du compte suisse du juge Blanchard, les factures des pièces de béton défectueuses de l'hôpital et les preuves du réseau de blanchiment d'argent commencèrent à défiler automatiquement à un rythme régulier.

Un cri collectif de stupeur s'éleva de la foule. Les journalistes présents commencèrent frénétiquement à photographier l'écran.

— Coupez ça ! Coupez le courant ! hurla Céleste en se retournant vers l'écran, prise d'une panique hystérique. C'est un piratage informatique ! C'est faux !

Mais le système de diffusion était verrouillé par le programme de Marc. Pire encore, les haut-parleurs de la salle diffusèrent soudain l'enregistrement audio dans lequel Nolan expliquait en détail comment il comptait faire accuser mon père de la faillite frauduleuse de Vale Construction.

La foule des invités recula instinctivement, s'éloignant de Nolan et de Céleste comme s'ils étaient frappés par la peste. Les personnalités politiques présentes tentèrent de s'éclipser discrètement par les sorties de secours pour éviter d'être associées au scandale.

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Nolan, fou de rage et perdant totalement le contrôle de lui-même, s'élança à travers le salon en direction d'endroit où je me tenais.

— Espèce de monstre ! je vais te tuer de mes propres mains ! hurla-t-il devant des dizaines de témoins et les caméras de télévision enregistrant la scène en direct.

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