Chapter 25 - Un Nouveau Départ

Six mois s'étaient écoulés depuis le procès. Le paysage de la ville avait changé, débarrassé de l'ombre toxique des Mercer.
Le centre de refuge pour femmes, baptisé "Le Domaine de la Renaissance", ouvrit officiellement ses portes au début du printemps. L'inauguration fut un moment d'une émotion intense. Sophie Vaneau, l'ancienne fiancée de Nolan qui avait eu le courage de témoigner à mes côtés, fut nommée directrice exécutive du centre.
Pendant ce temps, la société Vale Global connaissait un développement sans précédent, remportant de nouveaux contrats internationaux d'éco-construction basés sur la transparence comptable absolue.
Mais ma vie personnelle connaissait également une transformation profonde.
Un samedi après-midi ensoleillé, je me promenais dans les jardins verdoyants du parc Monceau en compagnie de Gabriel Laurent. Libéré de la pression écrasante de l'enquête criminelle, Gabriel avait abandonné son uniforme strict pour une tenue décontractée qui lui allait à merveille.
— Tu as l'air tellement plus apaisée, Elena, me dit-il en me tendant une glace à la vanille alors que nous marchions le long de l'allée des rosiers.
— Je me sens enfin vivante, Gabriel. Pendant des années, j'ai vécu dans la peur du lendemain, toujours sur mes gardes, toujours à guetter le moindre danger.
Gabriel s'arrêta de marcher et se tourna vers moi, posant doucement ses mains sur mes épaules. Ses yeux bruns clairs reflétaient une sincérité touchante.
— Elena… tu sais que je suis resté à tes côtés pendant tous ces mois parce que c'était mon devoir d'officier de police. Mais la vérité est que je n'ai jamais cessé de penser à toi depuis l'époque où nous étions étudiants sur les bancs de la faculté de droit.
Mon cœur manqua un battement, battant d'une douceur chaleureuse que je n'avais plus ressentie depuis très longtemps.
— Gabriel…
— Je ne veux pas te presser, reprit-il doucement en effleurant ma joue du bout des doigts. Je sais ce que tu as traversé et les blessures que tu portes encore. Mais je veux que tu saches que je serai toujours là pour te protéger, non pas comme un gardien de prison, mais comme un homme qui t'aime et qui respecte infiniment la femme extraordinaire que tu es.
Je le regardai avec des yeux embués de larmes de bonheur. Pour la première fois depuis des années, je sentais que je pouvais faire confiance à un homme sans crainte et sans réserve.
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Je m'avançai et posai ma tête contre sa poitrine.
— Je sais, Gabriel… Je le sais.