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Chapter 7 - La Riposte du Serpent

À six heures du matin, une équipe de techniciens municipaux escortée par des huissiers de justice se présenta au siège social de Vale Construction. L'ordre de perquisition émanait directement du cabinet du juge Blanchard.

Mon père et moi arrivâmes sur les lieux quelques minutes plus tard, accueillis par le spectacle choquant de nos bureaux fouillés de fond en comble. Des cartons d'archives étaient entassés au milieu du hall d'entrée.

— Qu'est-ce que cela signifie ? hurla mon père en apostrophant l'huissier principal. De quel droit retournez-vous mes locaux ?

L'huissier, un homme froid au regard hautain, lui tendit un document officiel muni du sceau du tribunal.

— Une plainte pour détournement de fonds et faux en écriture comptable a été déposée ce matin par les avocats de Mercer Holdings. Selon leurs déclarations étayées par des documents comptables, c'est la société Vale Construction qui aurait siphonné les caisses du chantier du nouvel hôpital pour éponger ses propres dettes cachées.

— C'est un comble ! m'exclamai-je, folle de rage. C'est Mercer Holdings qui a orchestré cette fraude ! Nous avons transmis toutes les preuves au capitaine Laurent hier soir !

— Le juge Blanchard a estimé que les preuves que vous avez fournies hier pourraient être des falsifications réalisées par vos soins, Mademoiselle Vale, répondit l'huissier sans sourciller. Jusqu'à nouvel ordre, les comptes de Vale Construction sont gelés et vos chantiers en cours sont mis sous scellés.

Mon père manqua de défaillir. Il s'agrippa au rebord d'un bureau, le visage décomposé.

— Gelés ? Mais si nos comptes sont bloqués, nous ne pourrons pas payer les salaires de nos trois cents ouvriers à la fin du mois ! Nous serons en cessation de paiements dans moins de deux semaines !

À cet instant précis, une berline noire aux vitres teintées s'arrêta devant l'entrée de l'immeuble. La portière arrière s'ouvrit et Nolan Mercer en sortit, entouré de ses deux avocats. Il portait un costume sombre coûteux, un pansement discret sur le nez, et arborait un sourire machiavélique et triomphant.

Il s'avança à pas lents dans le hall, savourant le désastre qu'il venait d'ordonner.

— Bonjour Daniel. Bonjour Elena, dit-il d'une voix mielleuse et insultante. Vous pensiez vraiment qu'une petite mise en scène théâtrale à l'église suffirait à faire tomber ma famille ? Vous avez joué, vous avez perdu.

Mon père fit un pas vers lui, les poings serrés, mais je le retenus fermement par le bras.

— Ne tombe pas dans son piège, papa. C'est exactement ce qu'il cherche. Il veut que tu l'agresses à nouveau devant les huissiers pour te faire enfermer immédiatement.

Nolan laissa échapper un rire moqueur.

— Intelligente comme toujours, Elena. Mais l'intelligence ne sert à rien quand on n'a plus un centime en banque. Dans dix jours, Vale Construction sera déclarée en faillite personnelle. La banque saisira votre maison, vos voitures et jusqu'au dernier centime de vos économies. Et devinez qui rachètera les ruines de votre vie pour une poignée de centimes ?

Il s'approcha tout près de moi, baissant la voix pour que seuls mon père et moi puissions l'entendre. Son souffle puait le mépris.

— Tu aurais dû rester sage, ma chérie. Tu aurais dû porter ton beau voile blanc, fermer ta bouche et me laisser gérer les affaires. Maintenant, tu vas regarder ton père mourir de chagrin dans la ruine la plus totale, et ce sera entièrement de ta faute.

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Je le fixai droit dans les yeux, sans ciller, sans laisser paraître la moindre trace de peur.

— Tu oublies une chose fondamentale, Nolan, répondis-je d'un ton d'une douceur mortelle. Un serpent peut cracher tout le venin qu'il veut, il finit toujours par se mordre la propre queue. Profite de tes quelques jours de liberté. Le réveil va être extrêmement brutal.

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