Chapter 13 - La Trahison Interne

L'enregistrement du chantage téléphonique transmis immédiatement au juge d'instruction scella définitivement le sort de Céleste Mercer. Sa tentative d'extorsion et de subornation de témoin depuis sa cellule d'isolement lui valut un transfert immédiat vers un quartier de haute sécurité, sans aucun accès aux moyens de communication extérieurs.
Cependant, alors que nous pensions avoir neutralisé toutes les menaces immédiates, une nouvelle crise éclata au sein même de Vale Construction.
Le lundi matin, lors de la réouverture officielle de nos chantiers de construction, nous découvrîmes avec horreur que le plan d'ingénierie du futur centre d'innovation de la ville — notre contrat le plus prestigieux d'une valeur de soixante millions d'euros — avait été mystérieusement modifié sur les serveurs internes de notre entreprise.
Les nouvelles cotes techniques falsifiées rendaient le bâtiment structurellement instable. Si les équipes de fondation avaient commencé à couler le béton selon ces nouveaux plans, l'édifice s'serait effondré pendant la construction, entraînant la faillite définitive et irréversible de Vale Construction pour négligence criminelle.
Mon père et moi convoquâmes immédiatement une réunion d'urgence restreinte avec les quatre directeurs de projet qui possédaient les accès administrateurs au système d'ingénierie.
— Quelqu'un parmi nous a vendu notre entreprise à Mercer Holdings, déclara mon père d'une voix lourde d'une profonde tristesse, en fixant les quatre hommes assis autour de la table. Nous travaillons ensemble depuis plus de quinze ans. Je vous ai fait confiance comme à mes propres frères.
Les quatre cadres se regardèrent avec malaise, protestant immédiatement de leur loyauté absolue.
— Monsieur Vale, c'est impossible ! Nous avons tous tout donné pour cette boîte !
— L'accès a été effectué hier soir à vingt-trois heures depuis un ordinateur du siège social, intervins-je en me levant. Et la personne qui a fait cela a commis une erreur fondamentale : elle a pensé avoir effacé les journaux de connexion.
Je sortis un dossier papier et le posai au centre de la table.
— Hier soir, le système d'alarme de l'étage de direction a enregistré la désactivation du badge d'accès numéro 04. Ce badge appartient à M. Henri Mercier, notre directeur technique principal.
Tous les regards se tournèrent vers Henri Mercier, un homme de cinquante ans, fidèle collaborateur de mon père depuis les débuts de l'entreprise. Mercier devint d'une pâleur cadavérique. Ses mains commencèrent à trembler de manière incontrôlable.
— Henri… c'est vrai ? demanda mon père, la voix brisée par la déception. Pourquoi as-tu fait ça ?
Mercier s'effondra la tête dans les mains, étouffant un sanglot de honte.
— Je n'avais pas le choix, Daniel… Je suis désolé… Je vous jure que je suis tellement désolé !
— Pourquoi ? répéta mon père.
— Mon fils aîné… il a contracté une dette de jeu colossale auprès d'un cercle clandestin contrôlé par les associés de Nolan Mercer, avoua Mercier en pleurant. Le mois dernier, Nolan m'a fait venir dans son bureau. Il m'a montré les reconnaissances de dette de mon fils et m'a dit que si je ne lui fournissais pas les accès informatiques et si je ne sabotais pas les plans du centre d'innovation, mon fils serait exécuté.
Un silence douloureux s'installa dans la salle de réunion. Mon père se leva, s'approcha de Henri et posa une main pesante sur son épaule.
— Tu aurais dû m'en parler, Henri. Nous aurions trouvé une solution ensemble au lieu de te laisser piéger par ces monstres.
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— Qu'allez-vous faire de moi ? balbutia le directeur technique.
— Tu vas aller à la police immédiatement et tout raconter au capitaine Laurent, répondis-je fermement. Ton témoignage sera le dernier clou dans le cercueil du réseau criminel de Nolan Mercer.